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ALCOOL : Une consommation excessive c’est combien d’années de vie en moins, en moyenne ?

Actualité publiée il y a 5 mois 6 jours 12 heures
The Lancet
Une consommation comprise entre 25 à 44 unités par semaine est associée à une réduction de 1 à 2 ans de la durée de vie

Cette « énorme » méta-analyse de 83 études, menées au total sur près de 600.000 participants a calculé combien de combien d’années en moyenne une consommation excessive d’alcool raccourcissait la vie. Ses conclusions, présentées dans le Lancet estiment en effet que les personnes qui consomment plus de 12,5 unités (100 g) d'alcool par semaine risquent de mourir plus tôt. Ce raccourcissement de la durée de vie est bien évidemment dose-dépendant. Les résultats s'appliquent de la même manière aux femmes et aux hommes.

 

Rappelons les recommandations, en France, il s’agit de ne pas dépasser 2 à 3 verres en moyenne par jour pour les femmes (soit 14 verres par semaine) et de 3 à 4 verres en moyenne par jour pour les hommes (soit 21 verres par semaine). Ici, les chercheurs prennent en compte les directives britanniques actuelles soit une limite de 14 unités par semaine pour les femmes et les hommes, soit 7 verres de vin de taille moyenne par semaine. Les limites britanniques sont donc inférieures à celles d’autres pays, dont la France, mais cette étude suggère qu'elles devraient bien ne pas être dépassées…

 

Plus de 120 chercheurs du monde entier ont mené ensemble cette méta-analyse de 83 études publiées dans 19 pays, sur la période 1964 à 2010. L’équipe a pris en compte les facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe, le tabagisme et l'exercice physique puis mené des analyses statistiques pour calculer comment différents niveaux de consommation d'alcool affectaient le risque de développer une maladie cardiovasculaire ou de décéder, toutes causes confondues.

  • Sur les 599.912 participants, suivis en moyenne sur 7,5 ans, 40.310 sont décédés et 39.018 ont reçu un diagnostic de maladie cardiovasculaire.
  • Environ la moitié des participants avaient déclaré avoir bu plus de 12,5 unités d'alcool par semaine.

L’analyse « calcule » que la vie est raccourcie en moyenne de 1,3 an pour les femmes et de 1,6 an pour les hommes, à l’âge moyen de 40 ans qui dépassent cette limite hebdomadaire britannique (vs ceux qui ne la dépassent pas). Précisément,

 

 

une consommation jusqu'à 12,5 unités d'alcool par semaine est associée au plus faible risque de décès, toutes causes confondues ;

  • au-delà de 37 unités par semaine, le risque de décès augmente de plus de 30% ;
  • chaque consommation supplémentaire de 12,5 unités d'alcool consommées chaque semaine augmente le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) de 14% ;
  • chaque consommation supplémentaire de 12,5 unités d'alcool consommées chaque semaine réduit le
  • risque de crise cardiaque de 6% ;
  • chaque consommation supplémentaire de 12,5 unités d'alcool consommées chaque semaine augmente le risque des autres maladies cardiovasculaires ;

à l'âge de 40 ans, par rapport à une consommation jusqu'à 12,5 unités par semaine,

  • une consommation comprise entre 12,5 et 25 unités par semaine est associée à une réduction de 6 mois de la durée de vie ;
  • une consommation comprise entre 25 à 44 unités par semaine est associée à une réduction de 1 à 2 ans de la durée de vie ;
  • une consommation > à 44 unités par semaine est associée à une réduction de 4 à 5 ans de la durée de vie ;

Sur la base des limites de consommation britannique,

  • les hommes qui consomment de l’alcool au-dessus des limites perdent en moyenne 1,6 année de vie ;
  • les femmes qui consomment de l’alcool au-dessus des limites perdent en moyenne 1,3 année de vie ;

 

 

En conclusion, cette très large analyse rappelle les dangers, pour la santé d’une consommation d’alcool excessive mais chiffre même, pour ceux qui en doutent encore, ses dégâts en nombre d’années de vie. En revanche, l’étude souligne l’absence de risque accru de crise cardiaque avec une consommation (légèrement) excessive.

Bref, globalement, ces données soutiennent l'adoption de limites inférieures à celles données dans la plupart des lignes directrices.

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