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ALIMENTATION et COGNITION : Un lien si surprenant ?

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 5 jours
Nature Neuroscience
 Ce lien plutôt inattendu trouvé entre les zones du cerveau régulant l'alimentation et de la mémoire a des implications pour les relations entre les facteurs endocriniens, l'obésité et les troubles métaboliques et les dysfonctionnements cognitifs.

On sait, par exemple, que les personnes souffrant de troubles du système endocrinien ou de troubles métaboliques sont plus susceptibles de développer la maladie d'Alzheimer. Ce lien plutôt inattendu trouvé entre les zones du cerveau régulant l'alimentation et de la mémoire, identifié par cette équipe du Collège de médecine Baylor et documenté dans la revue Nature Neuroscience, a cependant des implications concrètes dans les relations entre les facteurs endocriniens, l'obésité et les troubles métaboliques et les dysfonctionnements cognitifs.

 

La recherche portait au départ sur un complexe protéique (NCOR1 / 2) mais elle révèle un lien entre l'hypothalamus latéral et l'hippocampe, les centres d'alimentation et de mémoire du cerveau. Ces travaux apportent ainsi une nouvelle compréhension du fonctionnement du cerveau, ou de dysfonctionnements, comme dans les troubles du spectre autistique, les déficiences intellectuelles et les maladies neurodégénératives.

 

Le complexe NCOR1 / 2 est connu pour jouer un rôle fondamental dans l'activité de nombreuses hormones, explique l’auteur principal, le docteur Zheng Sun, du Baylor et du centre des maladies digestives du Texas Medical Center. Cependant, on ignorait sa fonction dans la régulation de la mémoire ou d'autres fonctions cognitives. Les chercheurs qui ont travaillé sur des souris porteuses de mutations de NCOR1 / 2, constatent que ces souris présentent clairement des déficits de mémoire. La signalisation impliquant le GABA, un neurotransmetteur inhibiteur clé dans le cerveau, est dysfonctionnelle dans les neurones de l'hypothalamus lorsque la signalisation de NCOR1 / 2 est perturbée. Les chercheurs ont donc mené un certain nombre d’expériences électrophysiologiques pour tenter d’expliquer comment l’absence de NCOR 1/2 pouvait entraîner des déficits de mémoire chez la souris.

 

Un nouveau circuit reliant 2 zones du cerveau aux fonctions bien différentes : En étudiant le processus de régulation de la mémoire induit par NCOR1 / 2, les scientifiques découvrent alors un réseau reliant l’hypothalamus latéral, ou « centre de nutrition du cerveau », et l’hippocampe, lieu de stockage de la mémoire.  

 

Des implications sur des conditions humaines : les chercheurs confirment l’existence de ces nouvelles variantes génétiques de NCOR1 / 2 chez les patients atteints de déficience intellectuelle ou de troubles du développement neurologique : le gène NCOR1 est situé sur le chromosome 17 humain, très proche de la zone précédemment impliquée dans les syndromes de Potocki-Lupski et Smith-Magenis, des syndromes caractérisés par un retard de développement et une déficience cognitive et intellectuelle.

« Nous avons toujours soupçonné que des mutations de ce gène pourraient être à l'origine de conséquences neurologiques délétères. Les modèles de souris de la présente étude fournissent la première preuve que c'est effectivement le cas ».

 

Si les mécanismes sous-jacents à ces associations ne sont pas complètement clairs, le circuit neuronal régulé par NCOR1 / 2 identifié entre les centres d'alimentation et de mémoire du cerveau mérite d'être approfondi. Il pourrait en effet, contribuer à expliquer la corrélation entre les facteurs endocriniens, l'obésité et les troubles métaboliques et les dysfonctionnements cognitifs.


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