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ALZHEIMER : Du Lithium contre l’amyloïde ?

Actualité publiée il y a 9 mois 5 jours 9 heures
Journal of Alzheimer's Disease
Le lithium à très faible dose semble pouvoir bloquer la formation de plaques amyloïdes.

Ces travaux d’une équipe de l'Université McGill semblent être en faveur de l'intérêt du lithium dans le traitement de la maladie d'Alzheimer, une indication toujours sujet à débat scientifique. La diversité des schémas testés jusque-là, des formulations et des posologies, rend les résultats difficiles à analyser. Ensuite, on connait les effets indésirables sévères associés à la prise de lithium à long terme chez les personnes âgées. Les conclusions de cette étude, présentées dans le Journal of Alzheimer's Disease, suggèrent, qu’administré selon une formulation qui facilite la transmission au cerveau, le lithium à très faible dose, peut bien bloquer la formation des plaques amyloïdes et réduire le déclin cognitif.

L’équipe a d'abord examiné la formulation habituelle du lithium et l’a testée chez le rat à des doses équivalentes à celles utilisées chez l’Homme pour traiter les troubles de l'humeur. Les résultats sont décevants, avec l’apparition de plusieurs effets indésirables sévères chez l’animal.

Les chercheurs ont donc mis au point une nouvelle formulation de lithium encapsulé, dont les résultats se sont avérés bénéfiques chez un modèle animal de la maladie de Huntington.

La nouvelle formulation a ensuite été testée sur un rat modèle d'Alzheimer- et de plaques amyloïdes. La posologie était basée sur des doses jusqu'à 400 fois plus faibles que celles prescrites pour les troubles de l'humeur. Ces microdoses de lithium, administrées au début du stade de pathologie amyloïde chez les rats ont apporté, cette fois, des résultats très positifs, publiés en 2017 dans la revue Translational Psychiatry.

Une nouvelle formulation de lithium encapsulé à faible dose, contre l’amyloïde

La même équipe a donc poursuivi ses recherches avec les mêmes formulations de lithium, chez un rat modèle d’Alzheimer, mais d’un stade plus avancé de la maladie. Cette étude montre que le traitement à base de lithium permet d'atténuer les signes pathologiques et d'améliorer la cognition à des stades plus avancés de la maladie, c'est-à-dire même lorsque les plaques amyloïdes sont déjà formées dans le cerveau et que le déclin cognitif a commencé.

 

Des applications thérapeutiques immédiates pourraient être mises en œuvre, écrivent les chercheurs, car ces microdoses de lithium administrées selon les dernières formulations optimisent le passage du médicament dans le cerveau à travers la barrière hémato-encéphalique tout en limitant les taux de lithium dans le sang, ce qui évite les effets indésirables, explique l’auteur principal, le Dr Cuello : « Il est peu probable qu'un médicament renverse les dommages cérébraux irréversibles aux stades cliniques de la maladie d'Alzheimer, mais il se peut fort bien qu'un traitement comprenant des microdoses de lithium encapsulé ait des effets bénéfiques tangibles à des stades précliniques précoces. »

 

2 implications majeures : la première pourrait être des thérapies d'association combinant la formulation de lithium à d'autres médicaments prometteurs en cours de développement... la seconde pourrait être l’utilisation de cette formulation chez les patients à stade encore très précoce (préclinique) de la maladie ou génétiquement prédisposés, comme avec un syndrome de Down par exemple.

Mais cela nécessitera encore de nombreux essais cliniques.

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