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ALZHEIMER : Pourquoi les omega-3 peuvent être efficaces ou pas

Actualité publiée il y a 2 semaines 4 jours 2 heures
eBioMedicine
Les porteurs d'E4, avec la même dose, ont moins d'omega-3 dans le cerveau (Visuel Adobe Stock 69021123)

La variante ApoE4, associée à un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer, réduit l'administration cérébrale des acides gras polyinsaturés (AGPI) omega-3. Ainsi, chez ces porteurs, ces suppléments, documentés comme pouvant prévenir ou retarder la maladie d'Alzheimer passent dans le sang, mais moins jusqu’au cerveau, conclut cette équipe de la Keck School of Medicine de l’Université de Californie du Sud (USC). L’étude, présentée dans la revue eBioMedicine suggère ainsi que des doses plus élevées pourraient être nécessaires, pour être efficaces, chez les porteurs de ce gène de risque.

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Cette étude pilote apporte une pièce du puzzle scientifique concernant l’action très variable des omega-3 en prévention de la maladie d’Alzheimer, selon les personnes. Ainsi, à ce jour, les études évaluant les oméga-3 pour éviter ou réduire le déclin cognitif ont abouti à des résultats mitigés.

Ici, à 6 mois, les participants qui ont pris les suppléments d'omega-3 ont doublé leurs niveaux sanguins mais n’ont augmenté que de 28% leurs niveaux d’omega-3 dans le cerveau.

Les porteurs d'E4, avec la même dose, ont moins d'omega-3 dans le cerveau

Ce nouvel essai clinique de l'USC apporte des indices importants sur la variabilité de ces résultats, en comparant les niveaux d'omega-3 circulant dans le sang avec ceux du système nerveux central. Les chercheurs ont recruté 33 participants qui présentaient des facteurs de risque d'Alzheimer mais n'étaient pas atteints de troubles cognitifs. Tous les participants avaient des antécédents familiaux de la maladie, un mode de vie sédentaire et un régime pauvre en poissons gras. 15 participants étaient porteurs de la variante APOE4, documentée comme associée à l'inflammation dans le cerveau et un risque multiplié par 4 d'Alzheimer. Les participants ont été affectés au hasard à un groupe d’intervention (supplémentation en omega-3 à raison de 2g par jour durant 6 mois) ou à un groupe témoin. Les chercheurs ont ensuite analysé des échantillons de plasma sanguin et de liquide céphalo-rachidien (LCR) afin d’évaluer les niveaux d’omega-3 dans le sang et le cerveau. L’analyse conclut que :

  • des doses plus élevées de suppléments d'omega-3 pourraient être globalement nécessaires pour faire la différence, car des augmentations spectaculaires des taux sanguins d'oméga-3 sont accompagnées d'augmentations beaucoup plus faibles dans le cerveau ;
  • au-delà, cet écart de niveaux est particulièrement élevé chez les porteurs de la fameuse variante ApoE4, chez qui la prise de suppléments entraîne une augmentation des niveaux d’omega-3 encore réduite, dans le sang et surtout le cerveau.

 

"Jusque-là les scientifiques faisaient l’hypothèse que les omega-3 pénètrent bien dans le cerveau", explique l’auteur principal, le Dr Hussein Yassine, professeur agrégé de médecine et de neurologie à la Keck, « mais ce n’est pas le cas ». Ici, à 6 mois, les participants qui ont pris les suppléments d'omega-3 ont doublé leurs niveaux sanguins mais n’ont augmenté que de 28% leurs niveaux d’omega-3 dans le cerveau.

 

Cette découverte suggère que des doses plus importantes d’omega-3 seraient nécessaires pour obtenir le même effet préventif contre le déclin cognitif. Un essai plus large pour lequel le recrutement est en cours va maintenant examiner si de fortes doses d'oméga-3 peuvent contribuer à ralentir le déclin cognitif des porteurs du gène APOE4.

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