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AMYLOSE CARDIAQUE : Ce n’est pas une maladie rare

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 3 jours
Journal of Nuclear Medicine
Environ 3% des patients qui passent une scintigraphie osseuse présentent des marqueurs d'amylose cardiaque (Visuel Adobe Stock 207108411)

C’est l’une des rares études, menée par scintigraphie osseuse en médecine nucléaire, à préciser la prévalence et les résultats de l'amylose cardiaque, une maladie rare caractérisée par l’accumulation de protéines anormalement repliées ((les transthyrétines ou dépôts amyloïdes) dans le tissu cardiaque. Ces travaux menés à l'Université de Vienne et à l'University College de Londres, présentés dans le Journal of Nuclear Medicine, révèlent qu’environ 3% des patients qui passent une scintigraphie osseuse présentent des marqueurs d'amylose cardiaque. Ainsi, l’amylose cardiaque n’est pas une maladie rare et pourrait être détectée plus largement encore par imagerie.

 

L'amylose cardiaque est une maladie caractérisée par des dépôts amyloïdes dans le tissu cardiaque, ce qui entraîne l'épaississement et le raidissement du cœur. Longtemps considérée comme une maladie rare, les progrès récents en matière de diagnostic et la sensibilisation à la maladie ont conduit au diagnostic d’un nombre croissant de cas d'amylose cardiaque. Non traitée, l'amylose cardiaque peut entraîner une insuffisance cardiaque et le décès.

 

Les patients qui « passent » une scintigraphie osseuse peuvent présenter des niveaux élevés d'absorption de radiotraceurs cardiaques.  L’amylose cardiaque est alors une « découverte fortuite », explique le Dr Christian Nitsche, cardiologue et chercheur à l'Université de médecine de Vienne et à l'University College de Londres : « avec cette étude à grande échelle, nous estimons pour la première fois la prévalence de l'amylose cardiaque en population générale sur la base de scintigraphies osseuses réalisées pour de multiples indications ».

Vers une détection plus systématique de l'amylose cardiaque

L’étude a porté 17.387 scans réalisés sur 11.527 participants atteints ou pas de problèmes cardiaques. Tous les participants ont subi une scintigraphie osseuse et les scans ont été analysés par des professionnels de la médecine nucléaire. Ces évaluations ont permis de classer les scans du grade 0 (pas d'absorption de radiotraceurs cardiaques), grade 1 (absorption de bas grade) et grade 2/3 (amylose cardiaque confirmée). L’analyse révèle ainsi que :

 

  • 3,3 % des participants présentent un certain niveau d'absorption des radiotraceurs cardiaques soit 1,8 % en 1re année du suivi et 1,5 % en 2e et 3e année du suivi ; cette estimation fournit une approche de la prévalence de la maladie en population générale ;
  • la prévalence de l'amylose cardiaque est estimée à 1 sur 50 chez les participants non-cardiaques et à 1 sur 5 chez les participants déjà diagnostiqués avec une maladie cardiaque ;
  • le taux d’absorption de de radiotraceurs cardiaques augmente de manière significative avec l'âge des participants, et les comorbidités associées à l'âge (telles que l'hypertension artérielle, la coronaropathie et l'insuffisance rénale) sont également plus fréquentes chez ces patients suspectés d'amylose cardiaque ;
  • après un suivi médian de 6 ans, près de 30 % des sujets sont décédés, les décès cardiovasculaires représentant 8,9 % de la mortalité ;
  • au cours du suivi, 1,5 % des participants ont été hospitalisés pour insuffisance cardiaque : les patients ayant présenté ce biomarqueur d’absorption aux niveaux de grade 2/3 encourent un risque 3,5 fois plus élevé d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque vs les patients ayant présenté une absorption de grade 0.

 

Alors que les patients suspectés d’amylose cardiaque devraient être très rapidement orientés vers un cardiologue pour une évaluation plus approfondie, et ne pas manquer cette fenêtre d'opportunité pour initier le traitement, ces dernières données de prévalence et de détection basée sur l'imagerie suggèrent un nouveau protocole de dépistage de la maladie.

 

Avec l'aide d'algorithmes d'apprentissage automatique, la détection automatisée de l'amylose cardiaque n’est pas loin, concluent les chercheurs.

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