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ANTIBIORÉSISTANCE : A chaque patient son histoire, son phénotype et son traitement

Actualité publiée il y a 9 mois 2 semaines 3 jours
Cell
En identifiant les sources génétiques ou mutations à l’origine de la résistance du pathogène multirésistant Pseudomonas aeruginosa, cette équipe a peut-être trouvé le moyen de lutter contre ces résistances, de rétablir l’efficacité des antibiotiques

Cette recherche de Université technique du Danemark ouvre la voie à des stratégies de traitement personnalisées des infections chroniques multirésistantes, à travers l’analyse d’isolats du pathogène multirésistant Pseudomonas aeruginosa, responsable d’infection pulmonaire chez les patients atteints de mucoviscidose (fibrose kystique). Ces infections à Pseudomonas résistantes aux antibiotiques chez les patients atteints de mucoviscidose ont en effet peut-être trouvé un nouveau protocole de traitement : en identifiant sur ces isolats des mutations spécifiques qui confèrent vulnérabilité ou résistance au pathogène, les chercheurs montrent qu’il est possible d’optimiser le traitement de chaque patient en fonction de son « état phénotypique ». Plus largement, c’est une nouvelle façon d’augmenter l’efficacité d’antibiotiques existants pour les infections chroniques, en fonction de l’histoire du patient.

 

La mucoviscidose (ou fibrose kystique) est la maladie génétique la plus fréquente et les auteurs rappellent que son incidence pourrait augmenter de 50% sur une période de 10 ans, avec donc un besoin croissant de stratégies thérapeutiques. La maladie est caractérisée par un épaississement du mucus des sinus, des bronches, de l’intestin, du pancréas, du foie et du système reproducteur. Ces sécrétions qui s’accumulent dans les poumons entraînent une vulnérabilité toute particulière aux infections, notamment respiratoires. D’autre part, l'émergence de bactéries pharmacorésistantes combinée à un manque croissant de nouvelles classes d'antibiotiques a fait de la résistance aux antibiotiques l'une des menaces les plus sévères pour la santé mondiale. Et les options thérapeutiques et les stratégies sont rares pour les pathogènes à Gram négatif tels que Pseudomonas aeruginosa, responsable d’infections nosocomiales et chroniques, en particulier chez les patients atteints de mucoviscidose.

 

En identifiant les sources génétiques ou mutations à l’origine de la résistance du pathogène multirésistant Pseudomonas aeruginosa, cette équipe a peut-être trouvé le moyen de lutter contre ces résistances, de rétablir l’efficacité des antibiotiques, non seulement chez les patients atteints de mucoviscidose et d’infection pulmonaire associée mais plus généralement pour le traitement de multiples infections incluant les infections pulmonaires chroniques. L’équipe a travaillé à partir d’isolats cliniques isolés pendant des décennies à la clinique de la mucoviscidose de Copenhague et a pu ainsi identifier, chez certains de ces isolats, certaines vulnérabilités alors préservées aux antibiotiques, et préciser ainsi les mutations sous-jacentes à cette sensibilité. A partir de là, il devient possible de « cibler les vulnérabilités des états phénotypiques liés à des mutations spécifiques et de développer des stratégies de traitement plus personnalisées pour chaque patient », expliquent les chercheurs.  

 

Traiter chaque patient en fonction d’un phénotype lié à son exposition passée aux pathogènes et aux antibiotiques : Concrètement, ces travaux suggèrent que pour certains antibiotiques, l'exposition et l'évolution ultérieure de la résistance conduisent à des états phénotypiques spécifiques et que les profils de résistance des bactéries infectieuses chroniques fluctuent ainsi au fil du temps en réponse à différentes expositions de médicaments. Ainsi, les chercheurs pensent que le traitement des patients souffrant d’infections chroniques pourrait bénéficier d’une connaissance de cette histoire médicamenteuse du patient, via l’analyse de marqueurs diagnostiques spécifiques, l’identification d’un phénotype et donc d’une sensibilité collatérale à des médicaments spécifiques. « Il est possible que des bénéfices puissent être obtenus simplement en apportant de légères modifications au traitement déjà prescrit ».

 

N.B. Cette étude a été co-réalisée par des scientifiques du Centre de la Fondation Novo Nordisk pour la biosécurité à l'Université technique du Danemark.

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