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ANTICOAGULANTS : Quel risque d'hémorragie cérébrale en cas de chute ?

Actualité publiée il y a 1 année 3 semaines 1 jour
The American Journal of Emergency Medicine
L'étude réfute le risque d'hémorragie cérébrale lié aux anticoagulants après une chute chez les personnes âgées (Visuel Adobe Stock 433601452)

Cette étude menée par une équipe de pharmacologues et de gériatres de la Florida Atlantic University (FAU) réfute le risque d'hémorragie cérébrale lié aux anticoagulants après une chute chez les personnes âgées. L’étude, présentée dans l’American Journal of Emergency Medicine, remet ainsi en question l’idée reçue concernant ce risque et rappelle l'importance de gérer, et non d'éviter, l'anticoagulation chez les personnes âgées.

 

Avec le vieillissement des populations, le nombre des personnes âgées de plus de 65 ans augmente aussi tout comme les taux de maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires qui touchent particulièrement les plus âgés. L’utilisation d'anticoagulants comme la warfarine augmente également. Par ailleurs, on connaît l’augmentation du risque de chute avec l’âge, et le risque accru de traumatismes crâniens et d'hémorragies cérébrales après une chute.

Les chutes sont la principale cause de blessures et de décès chez les personnes âgées.

Si les anticoagulants protègent contre les problèmes cardiaques et vasculaires, ils augmentent le risque d'hémorragies graves, notamment d'hémorragies cérébrales après un traumatisme crânien. Il est largement admis que l'activité suprathérapeutique de la warfarine augmente le risque d'hémorragie cérébrale après un traumatisme. Les recommandations actuelles préconisent une surveillance accrue et des scanners cérébraux répétés pour les patients sous warfarine après un traumatisme crânien.

 

La warfarine est considérée comme un traitement difficile à réguler. Cependant, les études portant sur le risque accru d'hémorragie associé sont, pour la plupart sont de faible ampleur ou limitées.

 

L’étude regarde si un rapport international normalisé (INR) de warfarine élevé peut augmenter le risque d'hémorragie cérébrale après un traumatisme crânien lié à une chute chez 2.686 patients, âgés de 65 ans et plus sous warfarine, suivis sur une période d'1 an dans 2 centres de traumatologie après une chute. L’analyse révèle que :

 

  • la prise de warfarine, même à des doses élevées, n'augmente pas significativement le risque d'hémorragie cérébrale après un traumatisme crânien contondant ;
  • les patients dont l'activité de la warfarine est faible et mal contrôlée présentent le risque hémorragique le plus élevé ;
  • ces conclusions remettent en question les idées reçues et soulignent l'importance d'une gestion adéquate de l'anticoagulation plutôt que de l'éviter complètement ; précisément :
  • 11 % des participants ont présenté une hémorragie cérébrale après un traumatisme crânien ;
  • parmi les patients ne prenant pas d'anticoagulants, environ 6 % ont présenté une hémorragie cérébrale, vs 7 % des patients sous warfarine ;
  • les taux d'hémorragie étaient similaires entre les patients dont l'INR était supérieur ou inférieur à 3,0 ;
  • les participants dont l'INR était inférieur aux recommandations ont présenté les taux d'hémorragie cérébrale les plus élevés, soit près de 20 % ;
  • les participants dont l'INR se situait dans la plage thérapeutique ou légèrement au-dessus ont présenté des taux plus faibles, et aucune hémorragie cérébrale n'est survenue chez les patients dont l'INR était extrêmement élevé (supérieur à 5).

 

Ainsi des INR suprathérapeutiques pourraient ne pas augmenter le risque d'hémorragie intracrânienne autant que « prévu ». Cela soulève d'importantes questions sur les protocoles actuels de soins d'urgence et sur la manière dont l’anticoagulation est gérée chez les patients, après un traumatisme crânien.

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