Vous recherchez une actualité
Actualités

ANTIDÉPRESSEURS : Ils pourraient guérir bien d’autres maladies

Actualité publiée il y a 8 mois 2 semaines 3 jours
Life Science Alliance
Certains antidépresseurs pourraient contribuer à traiter plusieurs maladies infectieuses

Certains antidépresseurs pourraient contribuer à traiter plusieurs maladies infectieuses, conclut cette équipe de la Virginia Commonwealth University (VCU). L’étude, présentée dans la revue Life Science Alliance montre que les antidépresseurs appelés « FIASMA » (Functional inhibitors of acid sphingomyelinase), en particulier la désipramine, l'amitriptyline et la nortriptyline, pourraient arrêter la croissance voire détruire 4 bactéries pathogènes intracellulaires. La démonstration est ici apportée in vitro et in vivo.

 

De précieux résultats alors que les antibiotiques atteignent leur limite d’efficacité face aux bactéries « super-résistantes ». De plus, les antibiotiques sont globalement dépourvus d’efficacité face aux bactéries intracellulaires car bon nombre d’entre eux ne peuvent pas pénétrer dans les membranes de nos cellules. « Ces bactéries intracellulaires sont en quelque sorte protégées », explique l’auteur principal, le Dr Jason Carlyon, professeur au département de microbiologie et immunologie de la VCU. Les antibiotiques tétracyclines sont le plus souvent prescrits pour traiter ces infections bactériennes intracellulaires car ils peuvent justement traverser les membranes cellulaires pour atteindre les microbes. Cependant, les tétracyclines peuvent provoquer des réactions allergiques chez certains patients et les médecins déconseillent leur utilisation chez les femmes enceintes et les enfants en raison d'effets secondaires. En outre, une résistance aux antibiotiques chez certaines bactéries intracellulaires est rapportée.

 

Le besoin d’une nouvelle classe de médicaments pour lutter contre ces bactéries est flagrant

« Il serait très bénéfique de disposer d'une classe de médicaments pour traiter de telles maladies chez les patients pour lesquels les tétracyclines sont contre-indiquées », ajoute l’auteur. "Nous avons besoin de médicaments alternatifs aux antibiotiques ou même à utiliser en association comme traitement d'appoint des infections nécessitant généralement un traitement antibiotique prolongé, telles que celles provoquées par Chlamydia pneumoniae et Coxiella burnetti".

 

FIASMA vs bactéries intracellulaires : l’équipe a donc cherché à décrypter les mécanismes par lesquels les antidépresseurs FIASMA ciblent plusieurs bactéries intracellulaires responsables de :

  • l'anaplasmose granulocytaire humaine, une maladie transmise par les tiques qui s'attaque aux neutrophiles et mortelle pour les patients immunodéprimés,
  • La fièvre Q, une maladie pneumonique débilitante causée par Coxiella burnetii,
  • et deux infections à chlamydia.

L’équipe montre in vitro sur des lignées cellulaires et chez la souris que les FIASMA perturbent finalement la façon dont le cholestérol, un nutriment clé utilisé par de nombreux agents pathogènes intracellulaires, circule dans les cellules et coupe l’accès des bactéries au lipide. Les chercheurs parviennent avec les FIASMA à :

  • arrêter l'anaplasmose chez des souris et sur des biopsies de tissus ;
  • démontrer que le traitement tue Coxiella burnetii,
  • inhiber partiellement les infections à Chlamydia en culture cellulaire.

 

 

Les FIASMA bloquent l’accès des bactéries au cholestérol : via leur influence sur le flux de cholestérol dans les cellules, ces antidépresseurs affament les bactéries responsables d’un grand nombre de maladies et d'affections. De plus, cet effet des FIASMA sur le cholestérol intracellulaire contourne finalement la nécessité de cibler directement la bactérie.

 

« Ce qui est très excitant dans ces résultats, c'est que la classe de médicaments que nous avons évaluée cible une enzyme dans nos cellules régulant le cholestérol, pas les bactéries. Nous ne pensons donc pas que les agents pathogènes puissent développer une résistance à ce traitement, car il cible une voie extérieure mais dont ils ont besoin pour se développer et survivre à l'intérieur du corps ».

 

Autres actualités sur le même thème