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APNÉE et HTA : Inspirer pour faire baisser la pression ?

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 2 jours
Sleep et Journal of Applied Physiology
Le dispositif K2 Power Breathe est muni d’une valve qui offre une résistance durant les exercices d’inspiration (Visuel University of Arizona Health Sciences)

L’apnée obstructive du sommeil affecte près d'un milliard de personnes dans le monde et seule une personne sur 20 touchées est traitée. La condition est trop rarement prise en charge en raison d’options thérapeutiques limitées, ce qui entraîne alors des conséquences plus sévères. Ces experts de l'Université de l'Arizona travaillent depuis plusieurs années à développer un programme d’exercices de respiration tout simples permettant de réduire les symptômes du syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS), et en particulier, les symptômes cardiovasculaires. Un prochain essai clinique va évaluer l’efficacité de cet entraînement des muscles inspiratoires sur la pression artérielle de patients souffrant d'apnée obstructive du sommeil et d'hypertension.

 

Le SAOS est un problème de santé sévère trop souvent pris « à la légère » caractérisé par une détente et un « effondrement » des muscles de la gorge pendant le sommeil de telle sorte que l'air ne peut plus atteindre les poumons pendant une courte période ou pause respiratoire. Cela provoque une privation d'oxygène et des réveils nocturnes répétés. Pris ensemble, la privation d'oxygène et la  dégradation de la qualité de sommeil entraînent un risque accru d’hypertension artérielle (HTA) et de maladie cardiovasculaire.

Il existe un vrai besoin de stratégie simple et peu coûteuse pour gérer le SAOS

La pression positive continue, ou CPAP, le traitement standard du SAOS, est efficace pour réduire la privation d'oxygène pendant le sommeil, mais de nombreux patients n'aceptent pas le traitement (tolérance) ou ne le suivent pas à long terme (observance).

Les chercheurs de Tucson lancent donc un essai clinique de phase II pour évaluer l'efficacité à long terme d'un protocole d'entraînement respiratoire unique connu sous le nom d'« entraînement des muscles inspiratoires » pour réduire la pression artérielle et améliorer la santé cardiovasculaire chez les adultes souffrant de SAOS. L’auteur principal, le Dr E. Fiona Bailey, professeur au département de physiologie et son équipe, viennent de recevoir le soutien du National Institute on Aging (NIA/NIH), pour tester cette approche thérapeutique respiratoire.

 

Des exercices inspiratoires pour améliorer à la fois la qualité du sommeil et la tension artérielle : l'hypertension artérielle est l’une des complications majeures associées au SAOS et un facteur de risque majeur de maladie cardiovasculaire. L'équipe a déjà suggéré que

seulement 5 minutes par jour d'entraînement des muscles inspiratoires,

consistant en seulement 30 efforts inspiratoires, constituent une thérapie non pharmacologique et simple à mettre en pratique, et qui permet d'améliorer à la fois la qualité du sommeil et la tension artérielle.

 

L’essai de phase II va maintenant inviter ses participants, âgés de 50 à 80 ans, souffrant de SAOS et de HTA, à suivre un programme d’entraînement des muscles inspiratoires durant 6 mois. Les participants à l'étude subiront des dépistages initiaux de la santé cardiovasculaire, respiratoire et du sommeil. Les participants seront répartis au hasard à l'un des deux bras de l’étude, l’un mettant l'accent sur l'entraînement à haute résistance, l'autre sur l'entraînement à faible résistance. Les participants des deux groupes effectueront leur entraînement à la maison et effectueront 30 respirations par jour, 5 jours par semaine, pendant 24 semaines. Les chercheurs vont utiliser une sonde à ultrasons pour obtenir des images d’artères dans la partie supérieure du bras des participants et pouvoir ainsi évaluer les modifications du flux sanguin, un marqueur important de la santé cardiovasculaire. L'équipe fera ce suivi 3 mois après la fin du programme afin d’évaluer la durabilité de ses éventuels bénéfices hypotenseurs.

 

Cet entraînement des muscles inspiratoires a été conçu à l'origine pour être utilisé par les athlètes et les personnes souffrant de troubles respiratoires, tels que la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), l'asthme et la bronchite. Le protocole a été adapté pour les personnes souffrant de SAOS et, dans son format actuel, peut être effectué à la maison, au travail ou en voyage, à l'aide d'un appareil d'entraînement portatif similaire à un inhalateur.

  • Les premières études ont déjà apporté des preuves d’efficacité de ce programme d’entraînement respiratoire, non seulement à renforcer la force des muscles respiratoires mais aussi à abaisser la tension artérielle.
  • La réduction de la tension artérielle ainsi obtenue est supérieure à celle obtenue avec l'exercice aérobique traditionnel.

 

Et l'exercice régulier ? C’est aussi une option possible qui peut contribuer à réduire les pauses respiratoires dans le SAOS et également être bénéfique à la santé cardiovasculaire, mais les recommandations de 150 minutes d’exercice par semaine ne sont pratiquées que par moins de 30% des adultes.

 

Ce programme s'avère d'ores et déjà prometteur à répondre au besoin de stratégie simple et peu coûteuse pour gérer l'apnée obstructive du sommeil, et, simultanément aider au contrôle de la tension artérielle et au maintien de la santé cardiovasculaire.

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