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ARTHROSE : Le bio-implant cellulaire qui prévient les lésions articulaires

Actualité publiée il y a 10 mois 6 jours 6 heures
npj Regenerative Medicine
Conçu à partir de cellules souches embryonnaires, ce bio-implant révolutionnaire et « prêt à l'emploi » a la capacité de prévenir comme de guérir lésions articulaires. Plus besoin d'arthroplastie (Visuel Adobe Stock 303316204)

Conçu à partir de cellules souches embryonnaires, ce bio-implant révolutionnaire et « prêt à l'emploi », documenté dans le npj Regenerative Medicine, a la capacité de prévenir comme de guérir lésions articulaires. Alors bientôt plus besoin d'arthroplastie ? Développé par des bioingénieurs et des rhumatologues de la Keck School de l'University of Southern California (USC) ce nouveau dispositif promet en effet de réparer, chez les personnes atteintes d’arthrite, le cartilage endommagé avant qu'une intervention chirurgicale ne soit nécessaire. Des milliers d’arthroplastie du genou pourraient ainsi être évitées.

 

L'arthrose survient lorsque le cartilage protecteur qui recouvre les extrémités des os s’use et se décompose avec le temps, entraînant une friction "os contre os". La condition, souvent douloureuse, peut affecter n'importe quelle articulation, mais affecte le plus souvent celle des genoux, des hanches, des mains et la colonne vertébrale.

 

Les auteurs principaux, les Drs Frank Petrigliano et Denis Evseenko rappellent qu’aux seuls Etats-Unis, ce sont plus d'un million d'Américains qui subissent chaque année des arthroplasties du genou et de la hanche. Et pourtant l'arthrose est une maladie progressive causée par une lente dégénérescence de la couche protectrice de cartilage, et l’arthroplastie, le traitement de dernier recours alors que la maladie est bien installée. Pouvoir intervenir et réparer le cartilage endommagé avant que l’intervention chirurgicale ne soit nécessaire, serait donc une opportunité pour des milliers voire des millions de personnes dans le monde.

 

D’ailleurs, soulignent les chercheurs, avant d’atteindre ce stade ultime, la dégénérescence articulaire commence par des lésions focales post-traumatiques, des lésions du cartilage articulaire (articulation) d'un diamètre de 1 à 8 cm2 détectables à l'IRM. Il est donc possible d’intervenir de manière plus précoce pour limiter la progression de ces lésions et éviter la nécessité d'une arthroplastie totale.

Ce bio-implant à base de cellules souches « fait le travail » 

Le bio-implant vivant se montre ici efficace à réparer le cartilage et retarder la dégénérescence articulaire chez un modèle animal de grande taille. L’équipe prévoit donc de passer rapidement aux essais cliniques (chez l’Homme). Cette technologie de préservation des articulations développée à l'USC appelé Plurocart, est composée d'une membrane d'échafaudage ensemencée de chondrocytes dérivés de cellules souches, les cellules responsables de la production et du maintien d'un tissu cartilagineux articulaire sain. S'appuyant sur de précédentes recherches, l’équipe a optimisé la technologie et testée pour la première fois chez un gros modèle animal :

 

  • l'implantation de Plurocart dans ce modèle d'arthrose a abouti à la réparation des défauts du cartilage articulaire ;
  • l’implant orthopédique composé de cellules vivantes s'intègre parfaitement dans le tissu cartilagineux articulaire endommagé et survit plus de 6 mois in vivo ;
  • les études de caractérisation moléculaire confirment que le bio-implant imite ou reproduit le cartilage articulaire naturel, avec plus de 95% des cellules implantées identifiées comme des chondrocytes articulaires ;
  • le tissu cartilagineux généré s’avère également bio-mécaniquement fonctionnel, à la fois suffisamment solide pour résister à la compression et suffisamment élastique pour s'adapter aux mouvements.

 

Alors que la plupart des options actuelles sont coûteuses, longues, douloureuses et très invasives, ce nouvel implant laisse présager dans un avenir proche, une thérapie pratique, abordable et sans doute plus efficace pour restaurer le cartilage endommagé et améliorer les résultats en termes de mobilité et de qualité de vie.

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