Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

ATHÉROSCLÉROSE : Exploiter un mécanisme intrinsèque de l’organisme

Actualité publiée il y a 2 jours 13 heures 3 min
PNAS
L'étude identifie Ces chercheurs cardiologues et angiologues du Baylor College of Medicine (Houston), identifient un mécanisme de défense naturel de l'organisme contre l'athérosclérose. Leur étude, publiée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) suggère que de futures thérapies renforçant la réparation de l’ADN endothélial pourraient compléter les médicaments hypolipémiants et réduire le risque d’athérosclérose et de maladies cardiaques associées (Visuel Adobe Stock 212636155)

Ces chercheurs cardiologues et angiologues du Baylor College of Medicine (Houston), identifient un mécanisme de défense naturel de l'organisme contre l'athérosclérose. Leur étude, publiée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS), suggère que de futures thérapies renforçant la réparation de l’ADN endothélial, pourraient compléter les médicaments hypolipémiants et réduire le risque d’athérosclérose et de maladies cardiaques associées.

 

L’athérosclérose demeure une cause majeure de mortalité malgré les traitements visant à réduire la masse graisseuse, notamment parce que les facteurs non lipidiques à l’origine des lésions vasculaires sont mal définis.

Le mécanisme identifié par cette recherche permet aux vaisseaux sanguins de se protéger des dommages et de ralentir la progression de l'athérosclérose.

L’un des auteurs principaux, le Dr Yuqing Huo, professeur de médecine et de biologie moléculaire et cellulaire, et membre de l’Institut de recherche cardiovasculaire, à l’Université Baylor, rappelle : « L’athérosclérose est une maladie caractérisée par l’accumulation progressive de dépôts graisseux à l’intérieur des artères, ce qui les rétrécit et les durcit avec le temps. Cela réduit le flux sanguin et peut entraîner des infarctus, des AVC ou une mauvaise circulation sanguine, privant ainsi les organes vitaux d’oxygène. Des lésions athérosclérotiques se développent préférentiellement dans les régions artérielles exposées à un flux sanguin perturbé (d-flow pour disturbed flow), ce qui provoque des lésions de l’ADN, un stress génomique, des lésions endothéliales et un dysfonctionnement de la barrière endothéliale.

 

 

L’étude examine de plus près les cellules endothéliales qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins et leur réponse aux facteurs favorisant l’athérosclérose.

« Nous savons que qu’un flux sanguin perturbé peut reprogrammer le métabolisme des cellules endothéliales », explique l’auteur principal, le Dr Qian Ma.

L’équipe s’est concentrée sur la compréhension de cet effet du flux perturbé sur la capacité des cellules à réparer les lésions de l'ADN. Plus précisément, elle a regardé

comment un flux perturbé affecte la synthèse des purines,

des composés essentiels à la construction de nouvelles molécules d'ADN nécessaires à la réparation de l'ADN. Des expériences menées sur des artères carotides provenant de souris modèles d’athérosclérose et sur des modèles vivants démontrent que :

 

  • un flux sanguin perturbé stimule l'expression des gènes impliqués dans la synthèse de nouvelles purines dans les cellules endothéliales et que cette réponse est cohérente avec l'activité des cellules endothéliales engagées dans la réparation de l'ADN endommagé ;
  • la suppression d'une enzyme impliquée dans la synthèse des purines, appelée Atic, induit la mort des cellules endothéliales, des altérations de l'intégrité de la barrière endothéliale et une accélération de l'athérosclérose ;
  • cependant, un apport supplémentaire de purines permet d'inverser ces effets nocifs.

 

En conclusion, si le flux sanguin endothélial endommage les cellules endothéliales, celles-ci ne sont pas passives : elles tentent de se protéger en activant des voies de réparation de l’ADN capables de préserver la fonction de barrière endothéliale et de ralentir la progression de l’athérosclérose.

 

Ces travaux qui révèlent un mécanisme naturel de réparation suggèrent que de futures thérapies renforçant la réparation de l’ADN endothélial pourraient venir compléter les hypolipémiants et réduire le risque et la gravité de l’athérosclérose.

 

Enfin, ces observations soulèvent une inquiétude : les médicaments anticancéreux bloquant la synthèse de nouvelles purines, actuellement à l’étude, pourraient avoir pour effet secondaire involontaire d’empêcher les cellules endothéliales de réparer l’ADN endommagé …

Autres actualités sur le même thème