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AUTISME : Sur la piste du bêta-bloquant propranolol

Actualité publiée il y a 4 semaines 3 heures 54 min
Autism
Le propranolol, un médicament peu coûteux utiliser pour réduire la tension artérielle, semble pouvoir améliorer le fonctionnement du cerveau chez les patients autistes.

Certes, « il est important de reconnaître que les patients vont réagir différemment à chaque approche ou à chaque médicament et il est essentiel que le traitement puisse être adapté à chaque patient », cependant c’est une nouvelle voie thérapeutique que propose cette équipe de l’Université de Missouri : un médicament peu coûteux indiqué pour réduire la tension artérielle et qui semble pouvoir aussi améliorer le fonctionnement du cerveau chez les patients autistes. Cette étude pilote présentée dans la revue Autism, apporte des résultats prometteurs mais qui nécessitent encore un examen plus approfondi.

 

Rappelons que selon les US Centers for Diseases Control and Prevention, 1 enfant sur 59 (aux États-Unis) est diagnostiqué avec une forme de TSA. Les signes de l'autisme commencent dès la petite enfance et peuvent affecter chaque sujet différemment. Cependant, certains symptômes sont partagés par un grand nombre de personnes autistes, notamment les difficultés de communication sociale. C’est ici, le principal symptôme évalué par cette étude pilote qui a regardé l’effet de ce médicament sur le traitement du langage dans le cerveau.

Des effets bénéfiques du propranolol sur le langage et les interactions sociales

Ces médicaments, ce sont les bêta-bloquants. Ils sont utilisés depuis les années 60 comme thérapie efficace, sûre et peu coûteuse permettant de réduire le rythme cardiaque et de contrôler la pression artérielle. L’équipe du Missouri confirme ici qu’un de ces bêta-bloquants, le propranolol, pourrait apporter des bénéfices cognitifs et sociaux aux patients atteints de trouble du spectre autistique (TSA) : « Nous avions déjà étudié ses avantages cognitifs et découvert des bénéfices dans des zones du langage impactées chez les personnes atteintes d'autisme. C'est pourquoi nous avons lancé cette étude d'imagerie pour mieux comprendre ses effets".

 

Le propanolol semble apaiser les zones cérébrales hyperactivées : l’étude est menée auprès de 13 personnes atteintes d’un TSA et 13 témoins exempts de TSA, âgés en moyenne de 22 ans. Chaque participant a subi 3 tests IRM après avoir pris un placebo, le propranolol bêta-bloquant ou le nadolol bêta-bloquant (un médicament similaire au propranolol si ce n’est qu'il ne traverse pas la barrière vasculaire dans le cerveau). Les chercheurs constatent que :

  • le propranolol améliore les performances au test de « génération de mots » ;
  • à l'IRM les zones associées au traitement des mots et des informations liées à certaines tâches spécifiques redeviennent plus similaires à celles observées chez les témoins ;
  • la connectivité excessive dans le réseau de contrôle pariétal frontal observée chez les participants autistes, semble se normaliser avec le médicament.

 

 

Une étude plus vaste impliquant le propranolol est déjà lancée, pour examiner les avantages du médicament pour une population plus large et plus jeune de patients atteints d'autisme. Le traitement de l'autisme est complexe en raison des nombreux sous-types et facteurs qui contribuent à la maladie et il est donc essentiel d'inclure dans ces essais le spectre le plus large possibles de troubles du spectre autistique.

Cette nouvelle étude va ainsi tenter d'identifier aussi les facteurs et les sous-types susceptibles de prédire une meilleure réponse au médicament dans l’objectif de mieux sélectionner les patients éligibles au traitement.

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