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AVC : L’âge du cerveau fait toute la différence

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 4 semaines
Neurology
L'âge du cerveau, tel qu’évalué par neuroimagerie, joue un rôle déterminant dans les résultats post-AVC et onstitue un marqueur fiable pour identifier les patients à risque de moins bons résultats (Visuel Adobe Stock 347478368)

Cette étude internationale, menée à la Harvard T.H. Chan School of Public Health (Boston) confirme la force du lien entre l'âge du cerveau et les résultats de l’accident vasculaire cérébral (AVC). L’équipe montre que l'âge du cerveau, tel qu’évalué par neuroimagerie, joue ainsi un rôle déterminant dans les résultats post-AVC et constitue un marqueur fiable pour identifier les patients à risque de moins bons résultats. Ces conclusions, étayées dans la revue Neurology, vont donc conduire à de meilleurs protocoles de prédiction des résultats post-AVC et suggèrent de nouvelles cibles de traitement permettant d’améliorer la récupération.

 

Comprendre pourquoi certains survivants d'un AVC se rétablissent mieux que d'autres en dépit de dommages similaires au cerveau est un objectif essentiel de la recherche sur les AVC et des neurologues, car c'est la condition de meilleures thérapies de réadaptation. Lors d'un AVC, le flux sanguin vers une partie du cerveau est interrompu. Sans oxygène, les cellules cérébrales sont endommagées et finissent par mourir, entraînant des lésions cérébrales. De précédentes études ont en effet montré que les personnes ayant des lésions similaires suivent des modèles de récupération très variables. Les recherches récentes portant sur le sujet se sont plutôt concentrées sur l'emplacement spécifique des lésions cérébrales et sur la manière dont la lésion affecte les réseaux connectés dans le cerveau.

Les cerveaux plus jeunes sont mieux protégés contre les lésions de l’AVC

L’étude prend pour la première fois en considération la santé cérébrale globale et adopte ainsi une nouvelle approche pour analyser la santé du cerveau basée sur son intégrité cellulaire, vasculaire et structurelle. Bien que la santé globale du cerveau ait été largement examinée dans le cadre du vieillissement et des maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer, elle a trop rarement été étudiée auparavant en relation avec les résultats de la réadaptation post-AVC. L'équipe se concentre ici sur une mesure spécifique de la santé cérébrale mondiale connue sous le nom d'âge cérébral, basée sur la biologie du système nerveux et obtenue par neuroimagerie structurelle du cerveau entier, en supposant que l'intégrité du tissu cérébral résiduel, ou ce qui reste après l'AVC, peut être critique pour les résultats post-AVC.

 

L'âge du cerveau est un biomarqueur précieux : la métrique est basée sur la neuroimagerie de structures telles que l'épaisseur, la surface et les volumes régionaux, et est calculée à l'aide d'algorithmes d'apprentissage automatique avancés. Une différence d'âge plus élevée, calculée comme la différence entre l'âge prédit moins l’âge chronologique, suggère que le cerveau est plus âgé que l'âge chronologique du patient. Or un cerveau d'apparence plus âgée est associé à la maladie d'Alzheimer, à la dépression majeure, aux lésions cérébrales traumatiques, etc.

 

L’auteur principal, le Dr Sook-Lei Liew, de l'Institut de neuroimagerie et d'informatique de la Keck School of Medicine explique : « L'âge du cerveau n'a pas été suffisamment exploré dans l’AVC. De nombreuses recherches sur l‘AVC se sont concentrées sur la façon dont les dommages au cerveau entraînent des résultats négatifs pour la santé, mais peu de recherches ont été menées sur la façon dont l'intégrité du tissu cérébral restant favorise la récupération. Nous nous attendions donc à ce que les cerveaux d'apparence plus jeune soient protégés des effets des dommages causés par les lésions et aient donc moins d'impacts sur le comportement ».

 

L’étude observationnelle menée à l'aide d'un ensemble de données multisites d'IRM cérébrales 3D et de mesures cliniques confirme :

  • des résultats largement plus positifs post-AVC, avec un cerveau plus jeune.

 

Les chercheurs notent que l'inclusion d'évaluations basées sur l'imagerie, de l'âge du cerveau et de la résilience cérébrale, permet d’améliorer la prédiction des résultats post-AVC et ouvre de nouvelles possibilités pour identifier des cibles thérapeutiques possibles.

 

« La santé globale de votre cerveau peut vous protéger des conséquences fonctionnelles d'un AVC. Autrement dit, plus votre cerveau est en bonne santé, moins vous êtes susceptible d'avoir un AVC et moins vous êtes susceptible d'avoir de mauvais résultats si vous avez un AVC. Il y a tellement de recherches sur le cerveau vieillissant en ce moment, et de nombreuses thérapies sont en cours de développement pour ralentir le vieillissement cérébral ».

 

Cette étude établit donc un lien entre le vieillissement cérébral et les résultats de l'AVC, de sorte que toute thérapeutique développée pour ralentir le vieillissement cérébral pourrait également être utile pour améliorer les résultats post-AVC.


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