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AXE INTESTIN-MUSCLE : La bactérie intestinale qui donne de la force

Actualité publiée il y a 2 heures 6 min 17 sec
Gut
Une découverte qui présage du développement d'un probiotique permettant de contrer la perte musculaire avec l'âge (Visuel Adobe Stock 55246874)

C’est la découverte de bactéries intestinales capables d'améliorer la force musculaire, que nous rapporte cette équipe de médecins et de chercheurs de l'Université de Grenade (Espagne) : précisément un lien entre une bactérie du genre Roseburia et une amélioration de la condition physique et de la force musculaire, documenté dans la revue Gut. Une découverte qui présage du développement d'un probiotique permettant de contrer la perte musculaire avec l'âge. 

 

Cette découverte pourrait mener à la mise au point d'un probiotique pouvant contribuer au maintien de la force et de la forme physique au cours du vieillissement. Alors que la prévalence de la perte musculaire et de la sarcopénie augmente en effet avec le vieillissement des populations, entraînant une hausse de l’incidence des chutes et une hausse de prévalence de la perte d’autonomie et de la dépendance, cette découverte pourrait avoir des implications significatives.

 

L’un des auteurs principaux, Jonatan Ruiz, professeur d'éducation physique et sportive à l'Institut universitaire du sport et de la santé (iMUDS) de l’Université de Grenade, résume : « notre étude apporte des preuves solides confirmant l'existence d'un axe intestin-muscle, au sein duquel une bactérie identifiée module positivement le métabolisme et la force musculaire ».

Le nouveau concept d’axe intestin-muscle

L’étude identifie en effet :

 

  • une bactérie intestinale du genre Roseburia associée à une meilleure condition physique et une meilleure santé musculaire ;
  • cette bactérie est moins abondante chez les personnes âgées vs adultes jeunes, ce qui suggère que sa concentration diminue avec l'âge, période durant laquelle la masse musculaire diminue ;
  • cela ouvre la possibilité d'utiliser la bactérie étudiée comme probiotique pour contribuer au maintien de la force musculaire au cours du vieillissement.

 

Quelle relation entre les bactéries intestinales et la performance musculaire ? L’analyse des échantillons de selles de 90 jeunes adultes en bonne santé (18-25 ans) et de 33 personnes âgées (65 ans et plus), des tests de condition physique, notamment des tests de force de préhension, de force des jambes et de force du haut du corps (muscles pectoraux) et la mesure de la consommation maximale d'oxygène, indicateur de la capacité cardiorespiratoire, confirme

 

  • l’association dose-dépendante entre l’abondance du genre Roseburia et la masse et la force musculaires ;
  • une autre espèce, Roseburia inulinivorans, présente également une corrélation avec la condition physique ;
  • les participants âgés porteurs de cette bactérie présentent une force de préhension supérieure de 29 % vs ceux chez qui la bactérie n’est pas présente ;
  • chez les participants plus jeunes, une plus grande abondance de cette bactérie est associée à une force de préhension accrue et à une meilleure capacité cardiorespiratoire ;
  • d'autres espèces du genre Roseburia présentent des profils différents : Roseburia intestinalis est liée à la force des jambes et du haut du corps chez les jeunes adultes, tandis que Roseburia faecis et Roseburia hominis ne présentent aucune association significative avec les différents marqueurs de force musculaire ou de forme physique ;
  • des expériences menées sur des souris privées de microbiote intestinal par des antibiotiques, ayant ensuite reçu des souches humaines de la bactérie présentent alors une augmentation d'environ 30 % de la force de préhension de leurs membres antérieurs vs modèles non traités ;
  • ces souris traitées par Roseburia développent des fibres musculaires plus volumineuses et une proportion plus élevée de fibres musculaires de type II (fibres à contraction rapide), des fibres essentielles à la force et à la puissance :
  • ces améliorations s'accompagnent d'altérations métaboliques des protéines et des enzymes clés pour la production d'énergie musculaire.

Les auteurs appellent à des recherches à long terme pour confirmer que ces variations des niveaux de ces genres bactériens sont bien à l'origine des améliorations de la fonction musculaire et pour préciser les processus sous-jacents à ces effets.

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