Vous recherchez une actualité
Actualités

BÉGAIEMENT : Une inhibition neurale des mouvements de la parole

Actualité publiée il y a 1 année 10 mois 4 semaines
Brain
Le bégaiement touche environ 1% des adultes et 5% des enfants.

Il touche environ 1% des adultes et 5% des enfants. Ces scientifiques de Institut Max Planck découvrent que l'hyperactivité de certaines zones de l'hémisphère droit semble être au centre de cette affection. Ces travaux par imagerie, présentés dans la revue Brain, localisent un faisceau précis de fibres, en cause dans cette hyperactivité, beaucoup plus développé chez les personnes atteintes de bégaiement depuis l’enfance. Une avancée dans la compréhension de ce trouble handicapant.

 

De nombreuses équipes ont tenté de comprendre le processus dans le cerveau sous-jacent au bégaiement. Certaines ont suggéré un déséquilibre entre l’activité des 2 hémisphères cérébraux : une zone frontale gauche « hypo-active », et la zone correspondante de l'hémisphère droit hyperactive. Mais il restait à élucider la cause de ce déséquilibre : l’hémisphère droit compense-t-il le manque d’activité de l’hémisphère gauche ou est-il si actif qu’il inhibe l'activité dans l'hémisphère gauche ?

 

Les scientifiques de l'Institut Max Planck montrent, en utilisant l'imagerie par résonance magnétique (IRM), chez des patients atteints de bégaiement depuis l’enfance, que cette hyperactivité de l'hémisphère droit est centrale dans le bégaiement : et précisément le gyrus frontal inférieur droit (IFG), une zone particulièrement impliquée dans l’arrêt d’une action, comme un mouvement de la main ou ce que les auteurs nomment « un mouvement de la parole ». Hyperactif, l’IFG entrave aussi d'autres zones du cerveau impliquées elles-aussi dans l'initiation ou la fin de ces mouvements ou actions.

 

Ainsi cette hyperactivité gyrus frontal inférieur droit contribue à expliquer le bégaiement, en l’assimilant à un trouble des « mouvements de la parole ». Un réseau précis de fibres dans la zone hyperactive est ainsi identifié comme beaucoup plus développée chez les personnes qui bégaient. Or ce faisceau de fibres joue un rôle crucial dans l'ajustement des signaux qui inhibent les mouvements, affirment les neuroscientifiques.

 

« L'une des causes du bégaiement réside dans l'inhibition neurale des mouvements de la parole », concluent ainsi les chercheurs.

Autres actualités sur le même thème