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C. DIFFICILE : Et si la responsable c’était la plasmine ?

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 4 semaines
Gastroenterology
Les dommages intestinaux associés à C. difficile sont causés par la plasmine et non par une toxine (Visuel AdobeStock_186445101)

La plasmine, la forme active du plasminogène est une enzyme qui intervient dans le processus de fibrinolyse, une étape indispensable de la coagulation sanguine et de la cicatrisation. Mais lorsqu’il s’agit de l’intestin, et d’une infection à Clostridioides difficile (C. difficile), une superbactérie responsable d’infections nosocomiales résistantes, l’enzyme est suractivée par la bactérie, au point de détruire les tissus intestinaux et de contribuer à la sévérité de l'infection. Ces travaux de l'Université Monash qui décryptent comment C. Difficile détourne le processus de cicatrisation des plaies humaines pour entraîner une maladie sévère et persistante, ouvrent la voie au développement de nouvelles thérapies.

 

Des thérapies qui seront les bienvenues alors que l’infection à C. difficile est très difficile à traiter et récidive à plusieurs reprises chez les patients, même après des traitements antibiotiques puissants et prolongés. C. difficile est une bactérie super-résistante aux antibiotiques. Elle est responsable d’infections nosocomiales courantes, qui peuvent être mortelles chez les patients âgés et immunodéprimés.

Les dommages associés à C. difficile sont causés par la plasmine et non par une toxine ?

L’équipe basée du Monash Biomedicine Discovery Institute montre ici que C. difficile active massivement le plasminogène afin de détruire les tissus intestinaux. Habituellement, le plasminogène et sa forme active, la plasmine, sont produits de manière contrôlée pour décomposer le tissu cicatriciel et favoriser la cicatrisation des plaies. « Ainsi, les dommages sévères à l'intestin associés à l’infection à C. difficile sont directement causés par la plasmine et non par une toxine bactérienne », explique l’auteur principal, le Pr Dena Lyras, expert en maladies infectieuses.

 

Un anticorps prometteur, qui empêche l'activation du plasminogène : l’équipe a en effet regardé si des anticorps puissants pouvant inhiber le système plasminogène / plasmine pouvaient être efficace contre la maladie : les chercheurs constatent en effet, qu'un anticorps qui empêche l'activation du plasminogène ralentit considérablement la progression de l'infection et des lésions tissulaires. L’équipe travaille donc à produire et à commercialiser ces anticorps pour le traitement de toute une gamme de maladies bactériennes et inflammatoires.

 

Cibler la protéine humaine plasmine évitera le développement d’une antibiorésistance et l’anticorps pourrait même présenter un large potentiel : car le système plasminogène / plasmine est dérégulé dans toute une gamme de maladies inflammatoires et infectieuses sévères, comme certaines formes observées avec COVID-19.

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