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CANCER : Chimiothérapie ou pas ? L’espoir de la radiomique

Actualité publiée il y a 3 semaines 6 jours 18 heures
JAMA Network Open
La radiomique va permettre de déterminer les patientes qui pourront réellement bénéficier de la chimiothérapie

Cette recherche basée sur l’intelligence artificielle menée par les scientifiques de la Case Western Reserve university (Cleveland) va apporter de l'espoir aux patients atteintes de cancer du poumon et du sein. Ces découvertes présentées dans le JAMA Network Open, qui vont permettre de déterminer les patientes qui pourront réellement bénéficier de la chimiothérapie, marquent une étape et illustrent les avancées dans la médecine de précision.

 

L’équipe de la Case Western avec ses collègues de la Cleveland Clinic repousse ici les limites du diagnostic par imagerie « intelligente » qui va rechercher des indices extérieurs à la tumeur pour déterminer si un patient réagira ou non à la chimiothérapie. Il s’agit d’un « interrogatoire » informatique de la zone extérieure à la tumeur via IRM (images à résonance magnétique) et CAT (tomodensitométrie/ computer-assisted tomography) qui permet de prédire la réponse et les bénéfices de la chimiothérapie chez les patients atteints d'un cancer du poumon et du sein.

 

Pour le cancer du sein HER2-positif qui représente environ 20% de tous les cas, l’étude identifie des marqueurs ou « signature cachée » sur les tissus situés à l'extérieur de la tumeur pouvant indiquer si une patiente répondra à une chimiothérapie ciblée. Les chercheurs sont parvenus à classer les patientes atteintes du cancer du sein HER2 en sous-types moléculaires correspondant une réponse (ou pas) à une chimiothérapie ciblée.

 

Des analyses radiomiques intelligentes, reposant sur le traitement d’un très grand nombre de données sont aujourd’hui capables de capturer la « biologie des tumeurs », expliquent les chercheurs. Les marqueurs recherchés ne se trouvent pas sur les images réalisées à partir de lames de tissu, mais en dehors de la tumeur elle-même. Ces marqueurs ne peuvent pas être vus par l'œil humain, mais sont révélés par ce processus aujourd’hui connu sous le nom de radiomique, qui extrait les données pertinentes d'images médicales, telles que les IRM. L’objectif clinique est bien d'identifier, avant le traitement, les patients qui bénéficieront de ces thérapies spécifiques et d’apporter ainsi une sécurité renforcée dans la décision thérapeutique discutée entre le médecin et le patient.

 

La radiomique révèle les caractéristiques de la maladie : une seconde étude, dans la même édition, cette fois centrée sur le cancer du poumon, évalue également si des modèles d'images obtenues par radiomique à l'extérieur de la tumeur, peuvent indiquer si un patient atteint répondra à une chimiothérapie ciblée. Alors qu’un patient sur 4 atteint de cancer du poumon répond favorablement à la chimiothérapie, que « pratiquement tout le monde reçoit ce traitement », un tel progrès pourrait faire la différence. Ici, les scientifiques examinent les données d'images de 125 patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules, ayant déjà reçu une chimiothérapie ciblée. Environ la moitié seulement a répondu au traitement. En regardant et en analysant à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la tumeur, la nouvelle technologie de diagnostic permet de déterminer, avec une précision de 77%, les patients qui bénéficieront de la chimiothérapie.

 

« Cela peut changer le jeu, non seulement pour le patient en termes de résultats, mais également en termes de coûts globaux des soins de santé. Il est donc important de savoir qui répondra à la chimiothérapie, et nous nous rapprochons d'une véritable signature qui nous apportera cette information ».

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