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CANCER de la PROSTATE: Parfois, le meilleur choix n'est pas le traitement immédiat

Actualité publiée il y a 3 années 1 mois 6 jours
NEJM

Certains cancers de la prostate vont se propager très rapidement, d'autres n’évolueront pas et ne se diffuseront pas au-delà de la prostate. Ainsi, dans les cas où le cancer de la prostate n’évolue pas et ne se propage pas, et en particulier à stade précoce, une surveillance constante peut être préférable à une option thérapeutique invasive, suggèrent ces deux études présentées dans le New England Journal of Medicine. En particulier en raison des risques de troubles sexuels et de la continence associés aux traitements invasifs.

Les chercheurs britanniques, des Universités d'Oxford et Bristol et d'autres instituts, ont mené 2 études auprès de 82.429 patients ayant subi le test PSA, confirmé le cas échéant par biopsie. Sur les 2.664 participants diagnostiqués avec un cancer de la prostate localisé, 1.643 ont accepté de participer à l'étude et ont été répartis au hasard en 3 groupes, surveillance active, chirurgie ou prostatectomie ou radiothérapie + traitement hormonal. Ces participants ont été suivis sur 10 ans et ont renseigné régulièrement par questionnaires leurs symptômes et leur qualité de vie. Les chercheurs ont ensuite comparé la survie et la qualité de vie des 3 groupes.


La première étude a examiné les différences entre les résultats de survie avec surveillance active, chirurgie ou chimiothérapie.

Ø L'analyse montre des taux de survie similaires pour les 3 options soit un taux de mortalité de 1% au cours des 10 années de suivi de l'étude.

Ø Le taux de décès d'autres causes (9%) était le même dans les 3 groupes.

De la surveillance active au traitement invasif : Cependant, l'analyse révèle tout de même que les patients sous seule surveillance active ont un risque de propagation plus élevé d'autres sites du corps et que finalement la moitié de ces patients a dû subir une intervention chirurgicale ou une radiothérapie au cours du suivi de l'étude. Ainsi, les patients ayant présenté une augmentation du niveau de PSA ont dû subir une intervention chirurgicale ou une radiothérapie : précisément, 53% des participants ayant « commencé » dans le groupe surveillance active ont dû finalement opter pour la chirurgie ou la radiothérapie à la fin de l'étude et 20% ont montré des signes de la progression du cancer. Alors que seulement 8% des participants des groupes traitements ont présenté des signes de progression du cancer.

Eviter, quand c'est possible les effets secondaires des traitements invasifs : la seconde étude, menée sur les données des mêmes patients, révèle tous les avantages -quand elle est possible- de l'option surveillance active en matière d'absence d'effets secondaires, en particulier de troubles sexuels et d'incontinence urinaire, des effets fréquemment associés à la chirurgie ou à la radiothérapie. En effet, l'étude confirme que la prostatectomie entraîne toujours un risque élevé de dysfonction sexuelle et d'incontinence urinaire :

· seuls 12% des hommes ayant eu une prostatectomie ont pu avoir des relations sexuelles à 6 mois vs 22% pour le groupe radiothérapie et 52% pour le groupe sous surveillance active,

· 46% des participants ayant subi une chirurgie ont eu recours à une protection pour l'incontinence urinaire durant 6 mois au moins, vs 5% et 4% pour les groupes radiothérapie et surveillance active, respectivement.

· Si les taux de troubles sexuels et d'incontinence se "tassent" au fil du temps, les patients du groupe chirurgie ne récupèrent pas aussi bien leur fonction sexuelle et leur continence. Les patients du groupe radiothérapie voient quant à eux leur fonction intestinale détériorée mais semblent « la récupérer » quelques mois plus tard.

Prendre le temps d'une décision éclairée : toutes ces informations sont utiles pour prendre une décision éclairée et choisir avec le médecin la meilleure option :
- chez les patients nouvellement diagnostiqués, un compromis doit être ainsi opéré entre le risque d'évolution du cancer à court terme et les effets possibles à long terme sur la fonction urinaire, sexuelle et intestinale, de traitements plus radicaux.
- En cas d'effets secondaires et notamment d'incontinence, il existe aujourd'hui des protections adaptées à l'anatomie masculine qui permettent aux patients de conserver un bon niveau de qualité de vie. Le médecin et les soignants peuvent aussi apporter leur conseil sur le choix de ces dispositifs médicaux.

Enfin, ces résultats et cette option de surveillance ne sont pas applicables aux hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate avancé. Mais, pour les patients diagnostiqués avec un cancer de la prostate à stade précoce, le message, ici est que « parfois, le meilleur choix n'est pas le traitement immédiat ».

Sources: The New England Journal of Medicine September 14 2016

DOI: 10.1056/NEJMoa1606221 Patient-Reported Outcomes after Monitoring, Surgery, or Radiotherapy for Prostate Cancer

DOI: 10.1056/NEJMoa1606220 10-Year Outcomes after Monitoring, Surgery, or Radiotherapy for Localized Prostate Cancer

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