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CANCER de la PROSTATE : Pourquoi le test PSA doit rester spécifique

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 4 jours
IQWiG
Le test PSA ne devrait pas être systématique, pourquoi ? (Visuel Fotolia_98385407_XS)

Le test PSA (antigène spécifique de la prostate) permet à certains hommes de bénéficier d'un diagnostic de cancer plus précoce ; cependant, en proportion un plus grand nombre d'hommes encourent un risque de surdiagnostic et de complications liées au traitement. En fin de compte, les bénéfices du dépistage par test PSA en population générale et chez les hommes présentant un risque moyen de cancer de la prostate ne l'emportent pas sur les risques. C’est la conclusion de cette méta-analyse de l’Institut d’évaluation allemand, for Quality and Efficiency in Health Care (IQWiG, Cologne). Cette large étude vient confirmer les limites d’un dépistage systématique par PSA largement débattu ces dernières années.

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Néanmoins après entretiens avec des médecins et des participants, les experts allemands suggèrent que la restriction des biopsies aux hommes à risque élevé de progression ou l'utilisation de nouvelles techniques de biopsie pourraient être des approches prometteuses pour améliorer ce rapport bénéfice-risque aujourd’hui négatif.  

Le cancer de la prostate est le cancer le plus répandu chez les hommes, il représente 23% des nouveaux cas de cancer. L'objectif du dépistage est de détecter les cancers à risque élevé de progression, si possible à stade précoce pour une prise en charge rapide de la maladie. Aujourd’hui, ce dépistage utilise largement le test PSA.

Cette nouvelle méta-analyse confirme un rapport bénéfice-risque négatif

Dès 2011, « Attention, danger » avait alerté l’U.S. Preventive Services Task Force (USPSTF), un comité américain d’experts influents et indépendants qui « bannissait » déjà le test sanguin PSA pour détecter le cancer de la prostate. Le comité indiquait alors que le test ne devait plus être recommandé et effectué chez les hommes en bonne santé. A l’époque, il s’agissait d’une recommandation « de grade D », c’est-à-dire avec une certitude modérée ou élevée sur l’absence d'avantage significatif ou sur un rapport bénéfice-risque négatif. Le test PSA, de détection du cancer de la prostate, aura ainsi fait beaucoup parler de lui, ces dernières années, en raison de ses taux de surdiagnostic, de faux-positifs, de surbiopsies et de surtraitements, en particulier aux âges avancés. Si depuis de nombreuses études ont démontré que le test PSA peut rester utile dans des cas bien spécifiques, la plupart ont confirmé que ce dépistage des hommes pour ce cancer ne semble avoir aucun impact significatif sur la mortalité par cancer de la prostate.

 

Cette nouvelle évaluation basée sur l'analyse de 11 essais contrôlés randomisés et les données de plus de 400.000 participants dans le monde conclut à plus de mal que de bien. En d’autres termes, à un rapport bénéfice-risque négatif :

  • le dépistage du cancer de la prostate par test PSA reste bénéfique pour certains hommes à risque de cancer de la prostate agressif, en retardant ou en prévenant le cancer métastatique. Cependant, cet avantage ne survient qu'après plusieurs années et il reste incertain, écrivent les chercheurs, pas certain que le dépistage entraîne une augmentation de l'espérance de vie globale chez ces hommes ;
  • le dépistage du cancer de la prostate par test PSA entraine des surdiagnostics, chez des patients atteints d'un cancer ne nécessitant pas de traitement ainsi qu’en cas de faux-positifs. Ces surdiagnostics impliquent des biopsies et des traitements qui entraînent des complications telles que l'incontinence et l'impuissance ;
  • enfin, les faux-positifs, outre l’anxiété du patient, vont entraîner des biopsies inutiles.

 

Ainsi, cette méta-analyse conclut que « dans l'ensemble, le dépistage du cancer de la prostate par test PSA nuit considérablement plus qu'il ne bénéficie aux hommes ».

 

Ces experts rappellent enfin que dans le monde, le dépistage systématique du cancer de la prostate par test PDSA n’est plus conseillé que par de rares sociétés savantes. En conclusion, ce test de dépistage doit faire l’objet d’une décision éclairée de chaque patient et de son médecin.

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