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CANCER de l’OVAIRE : Il peut migrer dans la cavité abdominale

Actualité publiée il y a 1 jour 15 heures 39 min
Nature Communications
Quand le cancer de l'ovaire altère aussi la cavité abdominale, se pose la question de retirer l'épiploon (Visuel Adobe Stock 120411822)

Quand le cancer de l'ovaire altère aussi la cavité abdominale, se pose la question de retirer l'épiploon, le repli du péritoine afin de réduire le risque de récidive tumorale. Ces travaux menés par des oncologues et des biologistes de l’Université de Bâle et publiés dans la revue Nature Communications, dressent pour la première fois, un atlas cellulaire de l'épiploon à l'état sain et à l'état pathologique.

 

Le cancer de l'ovaire passe souvent inaperçu pendant longtemps. Chez 70 % des patientes, la tumeur a déjà formé des métastases dans la cavité abdominale au moment du diagnostic. Ces métastases sont particulièrement fréquentes dans un tissu appelé épiploon, également connu sous le nom de péritoine. Cet organe ou membrane, située devant l'intestin, tapisse les parois de l'abdomen et du bassin, remplit des fonctions protectrices et immunitaires et contient des cellules graisseuses.

 

L’auteur principal, le Dr Francis Jacob du Département de biomédecine de l'Université de Bâle, ajoute : « dans les cas de cancer avancé, la question se pose de savoir si, en plus des tumeurs et métastases visibles, l'épiploon doit également être complètement retiré à titre préventif afin de réduire le risque de récidive tumorale ».

Quand faut-il retirer l’épiploon ?

L’étude répond à cette question via l’analyse de 36 échantillons de tissu provenant de 15 patientes, prélevés à différents endroits de l'épiploon. Certains échantillons provenaient de patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire présentant déjà des métastases dans cet organe, d'autres de patientes dont l'épiploon était indemne de cancer. Ces analyses aboutissent à :

  • un atlas cellulaire de l'épiploon à l'état sain et à l'état pathologique ;

  • l'épiploon sain possède une composition cellulaire équilibrée, ce qui signifie que les mêmes cellules sont présentes en quantités égales dans toutes les zones examinées. Il s'agit principalement de cellules de surface, de cellules souches mésenchymateuses et de cellules immunitaires à mémoire ;
  • chez les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire, le cancer transforme l'épiploon en un environnement propice à la prolifération tumorale : les échantillons de tissu contiennent davantage de cellules immunitaires, notamment des types cellulaires qui atténuent la capacité du système immunitaire à attaquer les cellules tumorales et favorisent ainsi le cancer ;
  • chez ces mêmes patientes, est observée, dans l’épiploon, une diminution des cellules de surface et des cellules souches dans ces échantillons d'épiploon. Une modification qui semble favoriser un environnement favorable aux métastases ;
  • même les tissus éloignés de la tumeur subissent des modifications de leur composition et contiennent déjà des cellules tumorales isolées. Lorsque les cellules cancéreuses migrent dans l'épiploon, elles envahissent l'organe entier.

 

Quelles implications ? Il pourrait être plus judicieux, soulignent les chercheurs, lors de l'intervention chirurgicale visant à retirer les tumeurs, de retirer une plus grande partie de l'épiploon plutôt que la seule partie visiblement atteinte. Cela pourrait permettre de réduire le risque de récidive du cancer.

 

Une approche qui devra encore être confirmée par une étude clinique longitudinale.

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