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CANCER du PANCRÉAS : L’immunothérapie qui réduit les métastases de 87 %

Actualité publiée il y a 2 années 2 mois 3 semaines
Science Translational Medicine
Cette nouvelle immunothérapie qui utilise la bactérie listeria comme vecteur et toxine tétanique comme déclencheur de répoonse immunitaire aboutit, chez la souris, à une réduction de 87 % des métastases cancéreuses (Visuel Adobe Stock 77074234)

Cette équipe de scientifiques de l'Albert Einstein College of Medicine a trouvé le moyen de rendre les tumeurs pancréatiques visibles pour le système immunitaire et donc vulnérables aux attaques immunitaires : cette nouvelle immunothérapie qui utilise la bactérie listeria comme vecteur et toxine tétanique comme déclencheur de répoonse immunitaire, décrite dans la revue Science Translational Medicine aboutit, chez la souris, à une réduction de 87 % des métastases cancéreuses. Une stratégie innovante qui ouvre un grand espoir pour le traitement de ce cancer difficile à diagnostiquer et à traiter.

 

L’auteur principal, le Dr Claudia Gravekamp, ​​ professeur agrégé de microbiologie et d'immunologie à l’Albert Einstein Cancer Center explique que les tumeurs pancréatiques ne sont pas suffisamment « étrangères » pour attirer l'attention du système immunitaire et peuvent même inhiber les réponses immunitaires. La nouvelle thérapie mise au point par son équipe rend des tumeurs immunologiquement « froides » suffisamment « chaudes » pour que le système immunitaire les repère, les attaque et les détruise.

Tirer parti de la large vaccination contre le tétanos

La recherche : l’équipe newyorkaise exploite le fait que pratiquement toutes les personnes sont vaccinées dans l'enfance contre le tétanos, une maladie grave causée par une protéine toxique sécrétée par la bactérie Clostridium. Grâce à leurs lymphocytes T mémoire spécifiques au tétanos, qui circulent à vie dans la circulation sanguine, les personnes vaccinées développeront une forte réponse immunitaire si elles sont ensuite exposées à la toxine tétanique hautement étrangère. Le concept est de susciter une réponse immunitaire puissante et spécifique contre les cellules cancéreuses du pancréas, en les infectant préalablement avec des bactéries qui libèrent la toxine tétanique dans les cellules.

 

Avec le vaccin même utilisé pour vacciner les humains contre le tétanos les chercheurs ont vacciné des souris modèles de tumeur du pancréas et ont ensuite fusionné le gène qui code pour la toxine tétanique dans des bactéries Listeria non pathogènes, très aptes à infecter les cellules et à se propager à travers les tissus. Pour infecter et « tétaniser » les tumeurs, ils ont injecté aux bactéries leurs cargaisons de gènes du tétanos.

 

Exploiter la réponse immunitaire contre une bactérie courante : la bactérie Listeria est facilement tuée par le système immunitaire des humains et des animaux, partout, sauf dans les zones tumorales. Mais alors que les tumeurs pancréatiques sont très efficaces à supprimer le système immunitaire pour se protéger, seules les bactéries Listeria présentes dans les zones tumorales survivent suffisamment longtemps pour infecter les cellules tumorales pancréatiques. Ainsi les cellules saines ne sont pas infectées !  Une fois que la bactérie Listeria a infecté les cellules tumorales, les gènes de la toxine tétanique expriment la protéine de la toxine à l'intérieur des cellules tumorales, ce qui déclenche une forte réponse immunitaire : en effet, la toxine tétanique active les lymphocytes T mémoire spécifiques au tétanos préexistants, ce qui induit, par les lymphocytes T CD4, la destruction des cellules tumorales infectées.

 

Booster encore un peu plus l’immunothérapie : ici, les chercheurs améliorent la réponse des lymphocytes T par l'ajout de faibles doses de gemcitabine (un médicament de chimiothérapie qui réduit la suppression immunitaire). Au final, ce traitement combiné immunothérapie + chimiothérapie permet :

 

  • de réduire, toujours chez la souris, la taille des tumeurs pancréatiques de 80 % en moyenne ;
  • de réduire, de manière significative le nombre de métastases de 87 % ;
  • de prolonger de 40 % la survie chez les animaux traités.

 

Donc une immunothérapie non seulement prometteuse pour le cancer du pancréas mais aussi pour d'autres types de cancer, comme le cancer de l'ovaire, qui restent difficiles à traiter.

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