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CANCER du SEIN: 10 années d'hormonothérapie valent mieux que 5

Actualité publiée il y a 3 années 5 mois 1 semaine
NEJM

Dix années d'hormonothérapie par inhibiteur de l'aromatasepermettent de réduire d’un tiers le risque de récidive du cancer du sein (hormonodépendant) révèle cette étude américaine, présentée dans le New England Journal of Medicine. Des données qui concernent précisément un inhibiteur de l’aromatase, le létrozole, et qui montrent des bénéfices comparables à l’extension du traitement par tamoxifène.

L'hormonothérapie, un traitement par voie orale vient compléter voire se substituer à la chimiothérapie. L'hormonothérapie est indiquée en cas de tumeur hormonosensible, c'est-à-dire positive à certains récepteurs hormonaux. Son objectif est d'empêcher les cellules tumorales de recevoir les hormones (œstrogènes et/ou progestérone) nécessaires à leur développement. Dans le cancer du sein hormonodépendant, les inhibiteurs de l'aromatase, qui bloquent la production d'œstrogènes, sont souvent utilisés en alternance avec un autre traitement hormonal, le tamoxifène, plus souvent utilisé chez les femmes pré-ménopausées. Cette nouvelle étude suggère que le suivi d'une immunothérapie par inhibiteurs de l'aromatase, sur 15 ans réduit significativement le risque de récidive de cancer du sein. Un effet déjà largement démontré avec le tamoxifène : la bonne observance du traitement réduit également le risque de récidive, et 10 années de tamoxifène ont été associées à un double taux de survie.


Les chercheurs du Massachusetts General Hospital ont suivi 1.918 femmes ménopausées atteintes de cancer du sein à récepteur d'œstrogène positif, un type de cancer dont la croissance est stimulée par l'hormone œstrogène. Ces participantes qui avaient déjà suivi, durant 5 ans, une hormonothérapie, avec une réponse positive au traitement, ont été réparties en 2 groupes, un groupe traitement par inhibiteur de l'aromatase (létrozole) pendant encore 5 ans, ou groupe placebo. L'analyse montre que :

· la survie sans progression à 5 ans s'élève à 95% dans le groupe traité, à 91% dans le groupe témoin,

· le taux de récidive du cancer ou de nouveau développement de cancer dans l'autre sein est plus faible dans le groupe létrozole : 7% vs 10,2% dans le groupe placebo,

· le taux de récidive global du cancer est de 5,7% dans le groupe létrozole vs 7,1% dans le groupe placebo,

· chaque année, environ 0,21% des participants du groupe létrozole et 0,49% du groupe témoin ont développé un nouveau cancer dans l'autre sein.

Ø Ainsi, pris durant 10 ans, un inhibiteur de l'aromatase permet de réduire d'un tiers le risque de récidive et de prolonger la survie.

Quid des effets secondaires ? Chez les femmes ménopausées, les inhibiteurs de l'aromatase entraînent essentiellement un risque accru d'ostéoporose. Ainsi, la perte de densité osseuse s'avère significativement plus fréquente dans le groupe létrozole. Cependant, peu de participantes ont arrêté le traitement en raison d'effets secondaires.

Pour une extension de l'hormonothérapie à 10 ans : Les chercheurs confirment ainsi qu'une extension du traitement avec un inhibiteur de l'aromatase à 10 ans permet d'augmenter de manière significative la survie sans progression ni récidive. Cet essai suggère que l'extension à 10 ans, au lieu de 5, de la durée du traitement par inhibiteur de l'aromatase pour les femmes ménopausées peut réduire le risque de récidive du cancer ou un nouveau développement de cancer dans l'autre sein.

N.B. L'étude a été soutenue par Novartis Pharmaceuticals.

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