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CANCER : Prévenir l’anxiété et la dépression chez les survivants jeunes

Actualité publiée il y a 10 mois 1 semaine 5 jours
JAMA Pediatrics
Ce traumatisme peut entraîner des conséquences psychologiques sévères et durables (Visuel Adobe Stock 212693954)

Les jeunes survivants de cancers sont à risque élevé et à vie, de dépression, d'anxiété et d'autres troubles de la santé mentale. Cette équipe de cancérologues et de psychologues de l’Université nationale de Singapour (NUS) rappelle ainsi, avec cette méta-analyse publiée dans le JAMA Pediatrics, combien un diagnostic et le traitement d’un cancer constituent une expérience traumatisante pour la majorité des patients, en particulier lorsqu’ils sont très jeunes. Ce traumatisme peut entraîner des conséquences psychologiques sévères et durables.

 

L’équipe dirigée par Cyrus Ho, chercheur au Département de médecine psychologique de l'Université nationale de Singapour (NUS Medicine) a mené un examen de la littérature et une méta-analyse de 52 études sur les résultats psychologiques et les décès par suicide intervenus chez 20.000 jeunes participants, enfants, adolescents et jeunes adultes atteints de cancer et survivants, vs leurs frères et sœurs, parents et homologues exempts de cancer.

 

La méta-analyse révèle que :

 

  • les jeunes atteints de cancer et les survivants encourent un risque accru à vie de développer une dépression, des troubles anxieux et d’autres maladies mentales, même après la rémission du cancer, par rapport à leurs homologues n’ayant pas connu le cancer ;
  • concernant la dépression et l'anxiété, le risque s’avère particulièrement élevé dans les cohortes âgées respectivement de plus de 30 et 25 ans ;
  • certains groupes, tels que les personnes diagnostiquées avec un cancer entre les âges de 15 à 19 ans, présentent un risque accru de décès par suicide.

 

Des difficultés énormes à surmonter : « Recevoir un diagnostic de cancer, suivre un traitement et essayer de survivre au cancer est un processus extrêmement difficile et même pour les survivants. Pour les adolescents et les jeunes adultes, ce processus implique une perte d'opportunités dans la vie, avec une absence scolaire et d'interactions sociales, qui sont des expériences formatrices essentielles au cours de cette période critique de développement. Ces jeunes patients doivent faire face à des changements d'apparence, d'habitudes alimentaires et de mode de vie, qui peuvent être

des ajustements particulièrement difficiles au moment où leurs pairs profitent de leur liberté et explorent tous les domaines de la vie ».

L’anxiété pendant, la dépression après : si la dépression est plus répandue après le traitement, l'anxiété est prédominante pendant le processus de traitement. Comme l'anxiété est une réponse réactive qui se développe plus rapidement, c'est souvent un symptôme plus marqué dans les premiers stades, lorsque les patients reçoivent leur diagnostic et commencent le traitement. Au fil du temps, lorsque l'anxiété n'est pas traitée, elle conduit à la dépression, qui se poursuit des années durant, après la rémission.

 

Des facteurs de protection : un niveau d’études plus élevé, un revenu plus important et le soutien social sont les facteurs déterminants d’une réduction du risque d’anxiété et de dépression.

 

L'équipe espère que ces données vont aider patients et médecins à mieux gérer l’après-cancer :

 

« Tout en consacrant un maximum d’efforts au traitement du cancer, il est crucial de reconnaître les conséquences considérables que la maladie peut avoir sur la vie des patients. Parmi ces conséquences, les symptômes de santé mentale qui peuvent se développer pendant le processus de traitement et même après la rémission. Leur identification et leur gestion précoces sont essentielles dans l’apport de soins holistiques à ces patients, en particulier les plus jeunes, atteints de cancer ».

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