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CANNABIS: Mais quels effets sur l'embryon?

Actualité publiée il y a 3 années 1 mois 1 semaine
BMC Pharmacology and Toxicology

A la lumière de la recherche chez l’animal, cette équipe de la Georgetown University s’interroge sur les effets du cannabis sur l’embryon…humain. Une revue de la littérature existante donc sur le sujet, présentée dans la revue BMC Pharmacology and Toxicology et qui engage dans un contexte de légalisation en marche, à des recherches complémentaires.

Peu d'études ont révélé des effets sévères du cannabis chez l'adulte, avec un usage en deçà d'une consommation excessive et exempt de troubles de la dépendance. Cependant, En effet son utilisation en excès, sa consommation avant ou pendant l'adolescence pose la question du risque de troubles du développement neurologique, de la dépendance et de psychoses. Si l'on remonte à un stade encore plus précoce, toutes les études convergent pour reconnaître les effets néfastes du cannabis sur le cerveau en développement et plusieurs études ont déjà suggéré le risque d'anomalies cérébrales permanentes, en cas d'exposition au cannabis in utero. Et, à un stade encore plus précoce, une étude a suggéré que le cannabis « enfume aussi la spermatogenèse » et que l'exposition au cannabis peut affecter la chromatine du sperme et avoir un impact sur la fertilité, le développement de l'embryon et la santé des enfants. Cependant, trop peu de recherches ont été menées sur les effets du cannabis sur le développement de l'embryon humain, expliquent ces chercheurs qui jugent inquiétants les résultats de la recherche sur l'animal.


Les cannabinoïdes sont des composés chimiques -comme le THC, le principal composant psychoactif du cannabis ou le cannabidiol- qui agissent sur les récepteurs cannabinoïdes dans les neurones et modifient la libération normale de neurotransmetteurs. De précédentes études humaines, limitées, suggèrent une association entre la consommation de cannabis en début de grossesse et un grand nombre de risques, similaires pour une partie à ceux rencontrés avec le tabac, dont les risques de fausse couche, de malformations congénitales, de retards de développement et de troubles d'apprentissage.

La recherche animale pose de nombreuses questions sur d'autres troubles du développement, explique le Pr G. Ian Gallicano, professeur agrégé de biochimie et de biologie moléculaire et cellulaire à Georgetown. Son équipe de recherche a examiné la littérature scientifique sur les cannabinoïdes et le développement embryonnaire publiée entre 1975 et 2015. Bien évidemment les essais cliniques (chez l'Homme) sont rares car difficiles à mettre en œuvre et des experts ont déjà dressé un tableau des difficultés rencontrées pour faire avancer la recherche. En cause, la classification du cannabis comme substance illicite. La recherche sur l'animal, montre que :

· les cannabinoïdes affectent de nombreux aspects du développement en modifiant les voies moléculaires qui ne devraient pas être perturbées au cours du développement du fœtus.

· le THC documenté comme agent prometteur pour le traitement du cancer, car capable de freiner la croissance de la tumeur, pourrait aussi freiner développement de l'embryon en éteignant des voies de croissance nécessaires pour à son développement.

· Le THC perdure dans le corps pendant des semaines, en particulier dans les tissus maternels qui agissent comme des réservoirs de THC et d'autres cannabinoïdes (étude sur le chien). Ce résultat a été confirmé par des études chez l'Homme qui montrent que le THC a une demi-vie de 8 jours dans les dépôts de graisse et peut être détecté dans le sang jusqu'à 30 jours.

· Le THC traverse facilement le placenta humain, ce qui peut ralentir la clairance des médicaments tout en prolongeant l'exposition du fœtus.

· Les niveaux de THC ont été multipliés par près de 25 depuis 1970.

· Le THC et d'autres cannabinoïdes interfèrent avec l'utilisation de l'acide folique (vitamine B9), essentiel pour le développement normal et la croissance de l'embryon.

· La signalisation des cannabinoïdes impacte le développement de l'embryon de souris à différents niveaux (croissance des vaisseaux sanguins, le destin des cellules souches embryonnaires, développement cognitif). La perturbation d'une voie neuronale clé, BDNF, a été liée à un risque accru de malformations congénitales et de troubles cognitifs, dont l'autisme et une baisse de Q.I. chez les humains.

Il existe donc un besoin urgent de recherche épidémiologique et fondamentale chez l'Homme.

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