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CHIRURGIE BARIATRIQUE : Bénéfique dès les premiers stades de l’obésité ?

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 6 heures
ASMBS Annual Meeting
Cette étude remet en question certains freins au recours à la chirurgie bariatrique pour certains patients atteints d'obésité de classe I (Visuel Adobe Stock 276021384)

Cette étude remet en question certains freins au recours à la chirurgie bariatrique pour certains patients atteints d'obésité de classe I.

En d’autres termes, prenant en compte les bénéfices de plus en plus nombreux des chirurgies de l’obésité, dont la réduction voire la « rémission » du diabète de type 2, la réduction du risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral, voire la réduction du risque de certains cancers et finalement tous les autres bénéfices d’une perte de poids importante et durable, ces chercheurs remettent en question les directives « obsolètes » des National Institutes of Health (NIH ) qui peuvent priver une grande partie des patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) inférieur, des multiples bénéfices de cette chirurgie. Ces nouvelles données, présentées lors du Congrès annuel de American Society for Metabolic and Bariatric Surgery (ASMBS) appellent donc, en pleine épidémie d’obésité, à élargir les indications de la chirurgie bariatrique.

 

La chirurgie bariatrique, appelée encore « chirurgie métabolique », ou de perte de poids, comme le pontage gastrique et la sleeve gastrectomie (ou gastrectomie longitudinale), s'est avérée être le traitement le plus efficace et le plus durable contre l'obésité sévère. Cette intervention permet d’améliorer voire de résoudre des maladies chroniques telles que le diabète de type 2, les maladies cardiaques et l'hypertension artérielle tout en promettant un profil d'innocuité comparable à celui des interventions chirurgicales les plus « anodines » et les plus courantes.

 

La chirurgie de perte de poids reste encore généralement réservée aux personnes souffrant d'obésité sévère, soit présentant un surpoids > 30 kilos ou ayant un IMC >35 et une comorbidité de l’obésité.

 

Enfin, on sait que l’obésité est liée à plus de 40 maladies, dont le diabète de type 2, l'hypertension, les maladies cardiaques, l’AVC, l'arthrose et au moins 13 types de cancer différents et à un risque de décès élevé. Selon l'ASMBS,

1% des patients éligibles à la chirurgie de perte de poids peuvent réellement en bénéficier au cours d'une année donnée.

L’étude rétrospective révèle que néanmoins un peu plus de 8.100 procédures de perte de poids, soit une sleeve gastrectomie laparoscopique, soit un pontage gastrique ont été pratiquées, aux Etats-Unis, de 2015 à 2019, chez des patients avec IMC inférieur à 35 kg/m2 soit souffrant d’une obésité de classe I.

 

  • Cela représente environ 1 % des plus de 760.000 chirurgies bariatriques réalisées ;
  • les résultats de ces patients à faible IMC ayant subi une chirurgie de perte de poids, sont tout à fait comparables à ceux de patients atteints d’une obésité morbide et/ou plus sévère ;
  • peu de différences sont relevées à la fois dans les résultats de santé mais aussi de de sécurité entre les patients à IMC inférieur et supérieur et entre les différentes procédures de perte de poids ;
  • cependant, une comparaison des résultats avec la sleeve gastrectomie à 30 jours révèle que les patients à faible IMC subissent des interventions plus courtes, restent hospitalisés moins longtemps, et sont moins susceptibles d'avoir une complication ou d'être réadmis à l'hôpital dans les 30 jours , vs les patients à IMC plus élevé.

 

Abaisser le seuil d'éligibilité: les chercheurs appellent donc les Agences sanitaires à abaisser le seuil d'éligibilité et d'IMC à 30 pour les patients atteints d'une comorbidité de l’obésité, comme le diabète de type 2 : « Les directives actuelles sont obsolètes et ne reflètent pas les décennies de données concernant la sécurité et l'efficacité de la chirurgie métabolique et bariatrique. Elles ne prennent pas non plus en considération le développement de procédures laparoscopiques qui rendent la chirurgie moins invasive et de plus en plus sûre », explique le Dr Theresa Jackson, l’un des auteurs principaux de l’étude, chirurgien et chercheur expert en chirurgie bariatrique au Kaiser Permanente (South Sacramento, Californie).

 

Prendre en considération le diabète : en 2016, 45 sociétés savantes dont l'American Diabetes Association, ont publié une déclaration commune selon laquelle la chirurgie métabolique devrait être envisagée pour les patients atteints de diabète de type 2 et d'un IMC compris entre 30,0 et 34,9 si leur hyperglycémie n'est pas suffisamment contrôlée avec un traitement par médicaments oraux ou injectables.

 

Les auteurs confirment la chirurgie métabolique ou bariatrique comme le traitement le plus efficace et le plus durable pour les comorbidités les plus fréquentes de l’obésité, dont le diabète de type 2.

 

« Ces patients obèses mais à plus faible IMC ne doivent pas être oubliés ».

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