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CHRONOTHÉRAPIE : La chimio le matin plus efficace contre le glioblastome

Actualité publiée il y a 5 mois 3 semaines 4 jours
Neuro-Oncology Advances
Confirmation de l’intérêt de la chronothérapie dans le traitement des cancers, la croissance incontrôlée des cellules cancéreuses étant souvent associées à des oncogènes qui perturbent le cycle circadien (Visuel Fotolia)

Plusieurs études ont déjà suggéré l’intérêt de la chronothérapie dans le traitement des cancers, la croissance incontrôlée des cellules cancéreuses étant souvent associées à des oncogènes qui perturbent le cycle circadien. Cette recherche d’une équipe de l'Université de Washington suggère à nouveau que le moment choisi pour la chimiothérapie pourrait influencer sur son efficacité. Ces données, présentées dans la revue Neuro-Oncology Advances sont tout particulièrement cruciales, ici pour le traitement du glioblastome, un type agressif de cancer du cerveau, à mauvais pronostic.

 

Le glioblastome est incurable. La survie moyenne après le diagnostic est estimée à 15 mois, avec une espérance de survie à 5 ans de moins de 10%. Alors que de nombreux essais cliniques sur de nouveaux candidats sont en cours, cette étude suggère qu'un ajustement mineur du traitement standard actuel, soit administrer la chimiothérapie le matin plutôt que le soir, pourrait déjà prolonger la survie des patients de plusieurs mois.

Images IRM du cerveau d'un participant à un essai clinique évaluant la chronothérapie (tumeur représentée par la zone blanche sur l'image de gauche. La grande zone blanche de l'image de droite est un gonflement associé à la tumeur) (Visuel Washington University School of Medicine)

La chimiothérapie matinale permet 3 à 6 mois de survie en plus

Dans cette étude rétrospective, les chercheurs ont analysé les données de 166 patients atteints de glioblastome traités entre janvier 2010 et décembre 2018. Tous les patients ont reçu le traitement standard du glioblastome : ont subi une intervention chirurgicale, ont reçu une radiothérapie et une chimiothérapie (témozolomide). Une fois la radiothérapie et la chimiothérapie terminées, les patients ont continué à prendre une dose d'entretien de témozolomide sous forme de gélule orale - le matin ou le soir, selon la prescription de leur oncologue.

 

Alors que la survie moyenne après diagnostic est donc estimée à 15 mois, les participants ayant reçu le témozolomide le matin ont connu une survie globale moyenne d'environ 17 mois après le diagnostic, vs 13 mois et demi pour les participants qui ont reçu le médicament le soir, soit une différence statistiquement significative d'environ 3 mois et demi. Le co-auteur principal, le Dr Jian L. Campian, neuro-oncologue et professeur agrégé de médecine à l'École de médecine de Washington commente ces résultats : «Nous travaillons dur pour développer de meilleurs traitements pour ce cancer mortel, mais le mieux que nous puissions faire pour le moment est de prolonger la survie avec les traitements actuels et d'essayer de préserver au mieux la qualité de vie de nos patients ».

 

  • chez un sous-ensemble de patients atteints de tumeurs spécifiques dites MGMT méthylées, l'amélioration de la survie avec la chimiothérapie matinale s’avère encore plus prononcée. Les patients atteints de ce type de tumeur répondent mieux au témozolomide. Pour les 56 patients atteints de tumeurs MGMT méthylées, la survie globale moyenne s’élève à 25 mois et demi pour les patients ayant pris le médicament le matin vs 19 mois et demi pour ceux qui l’ont pris le soir, soit une différence de 6 mois.

 

Prolonger la survie simplement en modifiant le mode d’administration : l’équipe constituée également d’experts des rythmes circadiens a regardé leur effet sur le glioblastome. Parmi les chercheurs, le Dr Joshua B. Rubin, professeur de pédiatrie et de neuroscience et le Pr Erik D. Herzog, professeur de biologie avaient déjà montré cet avantage de l’administration de la chimiothérapie le matin, sur des souris modèle de glioblastome. «Dans notre laboratoire, nous étudiions les rythmes quotidiens dans les astrocytes, un type de cellule trouvé dans le cerveau sain », explique le Dr Herzog. « Nous avions déjà découvert que certains événements cellulaires dans les cellules saines varient selon l'heure de la journée »

 

D’autres essais cliniques devront valider cet effet, mais les preuves s’accumulent aujourd’hui en faveur d’une chronothérapie pour le glioblastome.

 

Le rôle de conseil du médecin traitant sur le moment de la prise du médicament est donc essentiel. « De nombreux oncologues suggèrent plutôt le traitement le soir parce que les patients ont tendance à signaler moins d'effets secondaires à ce moment-là. Mais il se pourrait que l'augmentation des effets secondaires – qui peuvent être gérés avec d'autres thérapies - soit le signe d’une meilleure efficacité ».

 

Alors qu’aucun nouveau médicament n'a été approuvé pour le glioblastome depuis plus de 10 ans, cette forme de chronothérapie, simple à mettre en œuvre, optimise déjà considérablement l'existant pour les patients.

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