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CHRONOTHÉRAPIE: Pourquoi certains cancers ne dorment jamais

Actualité publiée il y a 5 années 7 mois 3 semaines
AACR

Quand les cellules n'ont pas à se reposer, alors elles peuvent se reproduire tout le temps, sans prendre de pause du tout. Comprendre comment certains oncogènes affectent l'horloge moléculaire et libèrent le métabolisme des cellules cancéreuses des contraintes circadienne pourrait permettre de développer de meilleurs traitements contre le cancer. Cette étude de l’Université de Pennsylvanie montre ici comment un oncogène, Myc, perturbe le rythme circadien de 24 heures dans les cellules cancéreuses et explique pourquoi certains cancers sont particulièrement sensibles à la chronothérapie. Le Pr Brian Altman et l’équipe du laboratoire du Pr Chi Van Dang, du Centre Abramson Cancer de l’Université de Pennsylvanie, expliquent que l'horloge moléculaire de l'organisme synchronise, dans des cellules normales, les besoins en énergie et l'apport alimentaire durant le cycle veille-sommeil. Or ce timing intervient à 3 niveaux dans l'étude des cancers : 1. La toxicité de certains médicaments de chimiothérapie est associée au moment de la journée. Ainsi, le flourouracil est moins toxique lorsqu'il est administré la nuit, car les enzymes détoxifiantes du foie sont alors plus abondantes. 2. Plusieurs gènes du rythme circadien ont été impliqués également comme suppresseurs de tumeur, bien que les mécanismes sous-jacents ne soient pas encore clairs. 3. Enfin, de précédentes études ont suggéré sur certaines cultures de cellules cancéreuses un dérèglement du rythme circadien.

Les cancers ne dorment pas, ils ne se reposent jamais : « Notre hypothèse est que la perturbation du rythme circadien favorise la croissance des cellules cancéreuses en libérant leur métabolisme des contraintes de l'horloge moléculaire», explique le Pr Altman.


Son étude a porté sur la relation entre les protéines de l'horloge biologiques, situées dans les tissus périphériques et 3 types de cellules cancéreuses. Les chercheurs montrent par étude génomique que le gène Myc peut affecter le rythme circadien en se liant à des sites voisins de gènes promoteurs du maintien du rythme circadien. Ils constatent également que Myc régule une autre protéine régulatrice de l'horloge, appelée NAMPT, ce qui dérègle l'activité de SIRT1, une autre protéine connue de l'horloge moléculaire. En inhibant NAMPT en aval de Myc, les scientifiques obtiennent des changements dans l'expression des gènes circadiens, ce qui suggère la possibilité de cibler des protéines en aval de Myc pour réguler l'horloge.

Sur des cultures cellulaires de neuroblastome, d'ostéosarcome et de carcinome hépatocellulaire, qui surexpriment tous la protéine Myc, ils constatent que cette surexpression conduit à la surexpression de Rev-erbα, un autre gène circadien. En bref, toutes ces perturbations perturbent les rythmes circadiens.

Ces cancers « à Myc » sont donc de bons candidats à la chronothérapie. Une toute nouvelle compréhension des mécanismes de base qui peut conduire à de meilleures stratégies de traitement avec moins d'effets secondaires et plus d'efficacité, concluent les auteurs.

Source: American Association for Cancer Research meeting, Washington, D.C., April 9, 2013 Metabolic Pathway Regulation in Cancer (Via Eurekalert)(Visuel © 18percentgrey - Fotolia.com)

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