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CICATRISATION des PLAIES : Le pansement usagé pour comprendre sa biologie

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 2 jours
Scientific Reports
Une nouvelle fenêtre sur la composition cellulaire des plaies est proposée via l’analyse cellulaire des pansements usagés (Visuel AdobeStock_190095322)

Une nouvelle approche pour comprendre la biologie de la cicatrisation des plaies est proposée par cette équipe de Université Thomas Jefferson qui utilise les pansements usagés comme mode d’échantillonnage cellulaire et moyen novateur et non invasif d'étudier les mécanismes qui favorisent ou pas la cicatrisation. Cette nouvelle approche est décrite dans les Scientific Reports.

 

Nos corps pansent souvent par eux-mêmes leurs blessures. Cependant, ce n’est pas le cas chez les patients atteints de diabète, de maladies vasculaires et de troubles cutanés qui ont « du mal » à cicatriser. Ces comorbidités peuvent favoriser le développement de plaies chroniques, qui ont un impact considérable et sur la qualité de vie des patients et sur notre système de santé. Aux seuls États-Unis, lieu de l’étude, il s’agit d’un fardeau estimé entre 10 et 20 milliards de dollars par an. Cependant la compréhension des processus qui mènent au retard de cicatrisation reste limitée ce qui rend difficile le développement de thérapies efficaces pour relancer la cicatrisation. Cette recherche ouvre un nouveau paradigme pour comprendre la biologie de la cicatrisation et de sa chronicité : en analysant les cellules retrouvées pansements jetés.

Une nouvelle fenêtre sur la composition cellulaire des plaies

Travailler plutôt à partir de cellules humaines : c’est une nouvelle opportunité d'identifier les caractéristiques des plaies susceptibles de guérir par rapport à celles qui vont devenir chroniques et de pouvoir ensuite développer des thérapies et des dispositifs mieux ciblés. L’auteur principal, Andrew South, professeur agrégé de dermatologie et de biologie cutanée rappelle les défis de l’étude de la cicatrisation des plaies chez l'Homme : « Le peu que nous savons est issu des études animales, et la cicatrisation de la peau animale est très différente de celle de la peau humaine ».

 

L'étude du cas de l’épidermolyse bulleuse : L’équipe travaille précisément sur un groupe de maladies héréditaires de la peau appelées épidermolyse bulleuse (EB), où la cicatrisation des plaies est gravement altérée. Les patients, souvent dès la naissance, souffrent de cloques et de lésions qui tardent à cicatriser, et certaines de ces plaies deviennent chroniques. Chez certains de ces patients même, ces plaies chroniques présentent un risque élevé de dégénérer en cancer cutané agressif. À l'heure actuelle, il est très difficile de prédire quelles blessures vont cicatriser ou pas.

 

Être capable d'échantillonner les plaies est une clé pour comprendre les mécanismes de cicatrisation. La nouvelle approche peut permettre d’éviter la biopsie en « récupérant » de manière non invasive des cellules de ces plaies et permettre aux chercheurs de comprendre ce qui peut faire la différence entre des plaies qui cicatrisent normalement et des plaies chroniques. D’autant que la biopsie peut être extrêmement douloureuse pour le patient et peut en elle-même retarder encore plus la cicatrisation de la plaie. En revanche,

« récupérer » des pansements qui vont juste être jetés,

« ne cause aucun mal au patient et peut permettre de comprendre pourquoi certaines plaies ne cicatrisent pas correctement ». Cette analyse de 133 pansements jetés de 51 patients atteints d’EB et précisément de plus de 100 millions de cellules viables ou vivantes isolées par pansement, a permis de caractériser toute une variété de cellules immunitaires, notamment des lymphocytes, des granulocytes ou des neutrophiles, et des monocytes ou macrophages.

 

Plaies aiguës et plaies chroniques ? En comparant les pansements de plaies aiguës et chroniques, ils ont trouvé un nombre significativement plus élevé de neutrophiles sur les sites de plaies chroniques. Les neutrophiles sont la première ligne de défense de notre système immunitaire, et lorsqu'une plaie se forme, les neutrophiles sont les premiers à arriver sur le site lésé. L’analyse soutient que

lorsque les neutrophiles « traînent » plus longtemps sur le site de la plaie qu'ils ne le devraient, cela bloque le processus de cicatrisation et peut conduire à la chronicité.

 

Ces résultats apportent ainsi non seulement un autre « regard » sur de la cicatrisation des plaies et pourraient contribuer au développement de nouveaux dispositifs de pansement, mais suggèrent également une nouvelle approche pour analyser les plaies et prédire leur mode de cicatrisation :

 

« une méthode d'échantillonnage alternative aux prélèvements douloureux ».

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