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CONTRACEPTION : Le cerveau aussi prend la pilule

Actualité publiée il y a 1 semaine 5 jours 3 heures
Hormones and Behavior
Des différences de structure et de fonction cérébrales sont identifiées entre les utilisatrices et les non-utilisatrices de contraceptifs oraux (Visuel Adobe Stock 179619362)

Les pilules contraceptives font partie de la vie de 150 millions de femmes dans le monde et existent depuis plus de 60 ans. De nombreuses études ont souligné des effets secondaires indésirables, dont la thromboembolie veineuse (TEV), un risque accru d’AVC, voire de certains cancers, avec un usage à long terme. Mais qu’en est-il de leur impact sur la santé cérébrale ? Cette équipe de l'Université d'Ottawa confirme et contribue à expliquer la survenue de troubles de l’humeur avec l'utilisation de contraceptifs oraux. L’étude, présentée dans la revue Hormones and Behavior, engage à poursuivre les recherches pour comprendre pleinement l'impact des contraceptifs oraux sur la santé des femmes.

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La pilule contraceptive a déjà été associée à un risque plus élevé de 70% de dépression, cette étude dirigée par Nafissa Ismail, professeure agrégée à l'École de psychologie de l'Université d'Ottawa a souhaité préciser les effets comportementaux et neurophysiologiques possibles des hormones synthétiques présentes dans les contraceptifs oraux, en particulier pendant les périodes critiques de développement cérébral et de plus grande vulnérabilité mentale que sont la puberté et le début de l’adolescence.

Des différences de structure et de fonction cérébrales entre les utilisatrices et les non-utilisatrices de contraceptifs oraux.

L’équipe a regardé par IRM et par test (Trier Social Stress Test) s'il existe des différences dans la réactivité au stress, et de structure et de fonctionnement du cerveau entre les femmes qui ont commencé à prendre des contraceptifs oraux pendant la puberté ou à l'âge adulte et celles qui n’en ont jamais utilisés.

  • l'utilisation de contraceptifs oraux est liée à une activation accrue dans le cortex préfrontal pendant la sollicitation de la mémoire de travail par des stimuli négatifs (scène de violence, accident de voiture, etc…) ;
  • l’utilisation de contraceptifs oraux pendant la puberté ou l'adolescence induit une réponse au stress émoussée, ce qui signifie une réponse réduite aux facteurs de stress vs prise de contraceptifs oraux, plus tardive, à l'âge adulte par exemple ;
  • l’utilisation de contraceptifs oraux pendant la puberté ou l'adolescence présentent également une activité cérébrale différente pendant le traitement de la mémoire de travail d'images neutres par rapport aux femmes qui ont commencé à utiliser des contraceptifs oraux à l'âge adulte.

 

Ainsi, l'utilisation de la contraception orale est liée à des changements structurels importants dans les régions cérébrales impliquées dans la mémoire et le traitement émotionnel. Elle modifie également la réactivité au stress.

 

Une explication du lien entre contraception orale et troubles de l’humeur : l’étude décrit également un mécanisme neuronal qui contribue à expliquer pourquoi certaines femmes développent des troubles de l'humeur après l'utilisation de contraceptifs oraux. Dont le risque de dépression.

 

« Le message n'est pas d'inquiéter les femmes ni de les décourager de prendre des contraceptifs oraux. Nous voulons simplement les conseiller afin qu’elles puissent prendre une décision éclairée. Il reste encore beaucoup à faire pour comprendre pleinement l'impact des contraceptifs oraux sur la santé des femmes ».

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