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CONTRACEPTION MASCULINE : Réversible, non hormonale et respectueuse de la libido ?

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 4 jours
PNAS
Une contraception masculine réversible et non hormonale ? (Visuel Adobe Stock 638520259)

Une contraception masculine réversible et non hormonale ? C’est ce que promet cette équipe de pharmacologues et de biologistes du Salk Institute (La Jolla). Ces travaux, publiés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) que l'administration orale d'un inhibiteur d'HDAC permet de bloquer la production de spermatozoïdes et la fertilité. La démonstration est effectuée à ce stade chez la souris, « mais » sans affecter la libido !

 

Les enquêtes montrent que la plupart des hommes seraient « preneurs » et de très nombreuses équipes de recherche travaillent à une telle contraception masculine, réversible, non hormonale et respectueuse de la libido. Cependant, la réalité est que pour les hommes les options restent limitées à des préservatifs ou à la vasectomie invasive et définitive. Les tentatives récentes visant à développer des médicaments bloquant la production, la maturation ou la fécondation des spermatozoïdes ont eu un succès limité, offrant une protection incomplète ou entraînant des effets secondaires graves.

 

De nouvelles approches en matière de contraception masculine sont donc nécessaires, mais le développement des spermatozoïdes est un processus si complexe, qu’il reste difficile d’identifier les étapes à cibler, de manière sûre et efficace.

Interrompre temporairement la production de spermatozoïdes

L’étude aboutit à une nouvelle méthode décrite comme non hormonale et réversible, permettant d’interrompre la production de spermatozoïdes. La méthode implique un nouveau complexe protéique dans la régulation de l’expression des gènes lors de la production de spermatozoïdes. La preuve de concept est apportée chez des souris mâles et avec une classe existante de médicaments, appelés inhibiteurs de l'HDAC (histone désacétylase), capables justement d’interrompre la fonction de ce complexe protéique et donc de …

bloquer la fertilité, sans affecter la libido.

La nouvelle méthode est décrite comme « subtile » par l'auteur principal, Ronald Evans, professeur, d'expression génétique et de biologie moléculaire qui compte déjà lancer des essais cliniques chez l’Homme : explications :

 

  • le corps humain produit plusieurs millions de nouveaux spermatozoïdes par jour. Pour ce faire, les cellules souches des spermatozoïdes dans les testicules se reproduisent continuellement jusqu’à ce qu’un signal leur indique qu’il est temps de se transformer en spermatozoïdes : c’est le processus de spermatogenèse.
  • Ce signal de spermatogenèse se présente sous la forme d'acide rétinoïque, un produit de la vitamine A. Les impulsions d'acide rétinoïque se lient aux récepteurs de l'acide rétinoïque dans les cellules, et lorsque le système est fonctionnel, cela déclenche un programme génétique complexe qui transforme les cellules souches en cellules de sperme matures.
  • Pour que cela fonctionne, les récepteurs de l'acide rétinoïque doivent se lier à une protéine appelée SMRT qui recrute ensuite des protéines HDAC, et ce complexe de protéines synchronise ensuite l'expression des gènes qui produisent les spermatozoïdes.

 

Alors que les précédentes équipes de recherche s’étaient attaquées directement à l'acide rétinoïque ou à son récepteur, l’équipe cible ici la protéine SMRT. Lorsque cette protéine est mutée et ne peut plus se lier aux récepteurs de l’acide rétinoïque, les souris deviennent incapables de produire des spermatozoïdes matures. Cependant, elles conservent des niveaux de testostérone normaux et un comportement de reproduction normal ce qui indique que leur désir de s'accoupler -ou libido- n'est pas affecté.

 

Vers une contraception masculine ?

La souris, traitée avec un inhibiteur oral de l'HDAC -un candidat bénéficiant de l’autorisation de l’Agence américaine FDA- ce qui bloque l’activité du complexe SMRT-récepteur de l’acide rétinoïque-HDAC, ne produit plus de spermatozoïdes ;

 

  • cependant, dans les 60 jours suivant l’arrêt de la « pilule », la fertilité des animaux est complètement rétablie.
  • En fait, l’inhibiteur de HDAC provoque un « faux pas » génétique qui interrompt la production de spermatozoïdes ;
  • la suppression de l'inhibiteur HDAC permet aux gènes producteurs de spermatozoïdes de se synchroniser à nouveau avec les impulsions d’acide rétinoïque, ce qui rétablit la production de spermatozoïdes.

 

« Tout est une question de timing », concluent les chercheurs qui comptent maintenant traduire cette recherche biologique fondamentale en « impact translationnel majeur ».

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