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CONTRACEPTION MASCULINE : Une pilule sur demande, c’est possible ?

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 4 semaines
Nature Communications
La pilule contraceptive masculine « à la demande » est peut-être pour bientôt (Visuel Fotolia 137684487)

La pilule contraceptive masculine « à la demande » est peut-être pour bientôt. C’est ce que suggère cette équipe de biologistes et pharmacologues de la Weill Cornell Medicine (New York). Le candidat, documenté dans la revue Nature Communications, qui arrête temporairement les spermatozoïdes dans leur élan et prévient les « grossesses » dans ces modèles précliniques, confirme ses promesses.

 

Actuellement, les hommes ne disposent principalement que de préservatifs, pour une contraception « à la demande », les vasectomies constituant une option invasive et définitive. La recherche sur les contraceptifs oraux masculins est au point mort, en partie parce que les contraceptifs potentiels pour hommes doivent franchir une barre beaucoup plus élevée en matière de sécurité et d'effets secondaires, ajoute l’auteur principal, le Dr Lonny Levin, professeur de pharmacologie à Weill Cornell Medicine qui explique que les hommes ont une bien plus faible tolérance aux effets secondaires possibles de la contraception.

Un inhibiteur d’une enzyme immobilise le sperme de la souris pendant 2 heures et demie

L'étude : l’équipe a d’abord cherché à isoler une protéine de signalisation cellulaire, l'adénylate cyclase soluble (sAC) qui avait longtemps échappé aux biochimistes et découvert incidemment que les souris génétiquement modifiées pour manquer de sAC sont infertiles.

En 2018, un autre chercheur de l’équipe a fait une découverte en travaillant sur les inhibiteurs de sAC comme traitement possible d'une affection oculaire : les souris qui avaient reçu un médicament inactivant sAC produisent des spermatozoïdes incapables de se propulser vers l'avant.

Le concept de l'inhibition de sAC comme option contraceptive sûre était né,

le principe étant que les hommes n’ayant pas le gène codant pour sAC seraient stériles mais par ailleurs en bonne santé.

 

Une première preuve de concept : en effet, une dose unique d'un inhibiteur de sAC appelé TDI-11861 immobilise le sperme de la souris pendant 2 heures et demie et ces effets persistent dans l'appareil reproducteur femelle après l'accouplement. Après 3 heures, certains spermatozoïdes commencent à retrouver leur motilité ; en 24 heures, presque tous les spermatozoïdes ont récupéré une motilité normale.

  • Les souris mâles traitées avec l’inhibiteur appariées avec des souris femelles conservent un comportement d'accouplement normal mais sans pouvoir féconder les femelles en dépit de multiples tentatives.
  • Enfin, toujours chez la souris, l’inhibiteur agit en 30 minutes à 1 heure.

 

Un effet « à la demande » : cette rapidité d’action constitue un énorme avantage vs les autres contraceptifs masculins expérimentaux hormonaux ou non hormonaux, qui peuvent mettre jusqu’à des semaines à réduire le nombre de spermatozoïdes ou à les rendre incapables de féconder. Il faut également des semaines voire des mois pour inverser les effets d'autres contraceptifs masculins hormonaux et non hormonaux en cours de développement. Alors que les effets des inhibiteurs de la sAC s'estompent en quelques heures …

 

Alors que le développement pharmacologique de ces inhibiteurs apparaît très complexe, il reste un long chemin à parcourir avant une disponibilité de ce principe actif, pour la contraception humaine masculine, et en pratique clinique.

 

Cependant, l’équipe travaille déjà à rendre les inhibiteurs de sAC mieux adaptés à une utilisation chez l'Homme et d’autres études précliniques sont d’ores et déjà en cours sur d’autres modèles précliniques.  

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