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COVID-19 : AVC, quel risque, quelles caractéristiques ?

Actualité publiée il y a 7 mois 1 semaine 6 jours
Stroke
Ces complications neurologiques doivent être prises très au sérieux car elles sont responsables d’une augmentation considérable du risque de décès chez les patients hospitalisés (Adobe Stock 186833393)

Cette large étude de neurologues de l’University of Missouri-Columbia précise la fréquence et les caractéristiques des accidents vasculaires cérébraux chez les patients COVID-19 : très rassurante sur l’incidence de l’AVC -environ 2%- chez les personnes hospitalisées pour COVID, l’étude sensibilise surtout au besoin accru de soins de longue durée chez ces patients. Ces données, présentées dans la revue Stroke de l’American Heart Association (AHA), qui précisent le profil et le parcours de soins spécifique de ces patients, vont aider les cliniciens à mieux prendre en charge ces complications.

 

Plusieurs études ont suggéré une incidence élevée de différents troubles neurologiques, dont l’AVC chez les patients hospitalisés avec COVID-19. Ainsi une étude de cas menée au Mount Sinai (New York) qui relève chez quelques dizaines de patients COVID-19 que parmi les patients ayant subi un AVC ischémique aigu, 46,3% présentaient une infection à COVID-19 vs 18,3% des patients non-COVID et conclut que COVID-19 est associée de manière indépendante et significative à un risque multiplié par près de 4 d’AVC ischémique aigu. Une autre étude de médecins du NYU Langone Health confirme plus largement l’incidence élevée des lésions neurologiques associées à COVID-19, « potentiellement dommageables chez environ 1 patient infecté sur 7 ». Cependant, l’incidence de l’AVC chez les patients hospitalisés pour COVID reste encore imprécise.

 

En revanche, la plupart des études ayant décrit les complications neurologiques du COVID-19 s’accordent pour conclure que ces complications doivent être prises très au sérieux car elles sont responsables d’une augmentation considérable du risque de décès chez les patients hospitalisés : ces complications neurologiques pourraient augmenter de 38% les taux de décès mais aussi de 28% la nécessité d’un traitement à long terme et/ou d’une rééducation après la sortie de l'hôpital.

Une analyse rassurante sur l’incidence, moins sur la récupération

Cet examen de près de 28.000 dossiers de patients pris en charge en service d'urgence dans 54 établissements de soins de santé, montre que moins de 2% des patients diagnostiqués avec le COVID-19 ont subi un accident vasculaire cérébral ischémique, mais insiste sur la fréquence et l’importance des soins de longue durée après la sortie de l'hôpital.

  • 103 patients (1,3%) ont développé un AVC ischémique parmi les 8.163 patients atteints de COVID-19 ;
  • 199 patients (1,0%) ont développé un AVC parmi les 19.513 patients hospitalisés sans COVID-19 ;

 

Quel est le patient COVID+AVC "type" ? Les patients COVID-19 qui ont développé un AVC ischémique aigu étaient plus âgés, plus susceptibles d’appartenir à une minorité ethnique et de présenter des facteurs de risque cardiovasculaire, résume  l’auteur principal, le Dr Adnan I. Qureshi, professeur de neurologie à l’Université du Michigan. Ainsi,

  • l’âge moyen des patients atteints de COVID-19 ayant subi un AVC est de 69 ans vs 54 ans pour les patients hospitalisés exempts de COVID-19 ;
  • 84% souffraient d'hypertension, 75% d’hyperlipidémie et 56% de diabète.
  • ces patients sont plus fréquemment orientés, à la sortie de l’hôpital vers une destination autre que le domicile ce qui suggère un besoin élevé de soins et de surveillance de longue durée ;
  • enfin, les symptômes sont plus « multisystémiques » et les marqueurs d'inflammation élevés, ce qui augmente le risque de décès ou d'invalidité.

 

Cette analyse, la première menée sur un aussi large échantillon, aboutit à des résultats quelque peu différents des précédentes études qui suggéraient une incidence plus élevée de l’AVC chez les patients COVID et des patients ayant développé un AVC plus jeunes et sans facteurs de risque cardiovasculaires préexistants.

 

« Ainsi, si le COVID-19 est certainement un facteur prédisposant, le risque d’AVC est principalement observé chez les patients qui étaient déjà à risque d’AVC en raison d'autres facteurs de risque cardiovasculaire », concluent les chercheurs.

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