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COVID-19 : Comment garder le virus hors de l’eau ?

Actualité publiée il y a 5 mois 3 semaines 2 jours
Environmental Science
Si à ce jour, aucun cas de COVID-19 n’a été documenté comme causé par contamination par l’eau, le nouveau coronavirus est proche du SRAS et l’infection féco-orale est déjà documentée comme possible.

Ces scientifiques de l’Université de Californie – Riverside appellent à davantage de recherches pour vérifier que les méthodes de traitement de l'eau éliminent bien le nouveau coronavirus responsable de la pandémie de COVID-19. Alors que les coronavirus, dont SRAS-CoV-2 peuvent rester infectieux pendant des jours, que le virus a été identifié dans les selles de patients infectés, ces experts en génie chimique et environnemental appellent à effectuer des tests réguliers.

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Les Prs Haizhou Liu de l'Université de Californie à Riverside et Vincenzo Naddeo de l'Université de Salerne rappellent, dans leur éditorial, que l’on sait aujourd’hui que le nouveau coronavirus peut être transporté dans des gouttelettes d'eau microscopiques, ou aérosols, qui pénètrent dans l'air par évaporation ou par pulvérisation. Des précédents existent : lors de l’épidémie de SRAS en 2003 à Hong Kong, une fuite d'eaux usées avait ainsi entraîné un cluster de cas. Si à ce jour, aucun cas de COVID-19 n’a été documenté comme causé par contamination par l’eau, le nouveau coronavirus est proche du SRAS et l’infection féco-orale est déjà documentée comme possible.

Des biofilms de SARS-CoV-2 dans les canalisations ?

Une autre hypothèse serait que le SARS-CoV-2 colonise les biofilms qui tapissent les réseaux d'eau potable, faisant des pommes de douche, par exemple, une source possible de transmission par aérosol. Ce scénario peut sembler surprenant, pourtant cette voie de transmission est documentée comme une source majeure d'exposition aux bactéries responsables de la légionellose.

 

Quelle serait l’efficacité des techniques de traitement actuelles ? Les experts pensent que la plupart des routines de traitement de l'eau tuent ou éliminent efficacement les coronavirus dans les eaux potables et usées. Parmi ces techniques, l'oxydation avec de l'acide hypochloreux ou de l'acide peracétique, et l'inactivation par irradiation ultraviolette, ainsi que par chlore, connues pour éliminer les coronavirus. Dans les usines de traitement des eaux usées qui utilisent des bioréacteurs à membrane, les effets synergiques des micro-organismes bénéfiques et la séparation physique des matières en suspension filtrent les virus concentrés dans les boues d'épuration.

 

 

Quelles sont les actions à mener ? Les auteurs, il conviendrait, de toute urgence, 

  • de vérifier aujourd’hui que la plupart de ces méthodes sont efficaces contre le SRAS-CoV-19 ;
  • de moderniser les infrastructures existantes de traitement des eaux usées venant des points chauds tels que les hôpitaux, les cliniques et les maisons de soins infirmiers. Des systèmes à base d’ultraviolets pourraient désinfecter l'eau en provenance de ces points sensibles avant qu'elle n'entre dans le système de traitement public ;
  • d’enquêter sur l’efficacité des systèmes de réutilisation de l'eau potable, qui purifient les eaux usées en eau du robinet ;
  • de lancer des recherches sur la capacité de colonisation du SARS-CoV-2 en biofilms ;
  • de surveiller les effets de l'utilisation domestique plus élevée durant l’épidémie de bactéricides, virucides et de désinfectants. Cette augmentation du recours aux désinfectants pourrait en effet entraîner une augmentation des antibiorésistances ;
  • de surveiller la qualité des eaux usées traitées rejetées dans les cours d'eau naturel ;
  • de rechercher des fonds pour financer les infrastructures de base nécessaires dans les pays en développement permettant d’éliminer le SRAS-CoV-2 mais aussi d'autres contaminants courants.

 

« La pandémie en cours souligne la nécessité urgente d'une évaluation minutieuse du contrôle de ce virus contagieux dans l'environnement. Les experts en environnement comme nous sont bien placés pour répondre à ces besoins via des collaborations internationales permettant de protéger la santé publique ».

D’autres équipes travaillent autour du risque de contamination des eaux par le nouveau coronavirus : une équipe de l’Université de Cranfield a récemment proposé un nouveau test, en papier !, sur les eaux usées qui pourrait fournir une alerte précoce de propagation de COVID-19.