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COVID-19 : Des manifestations extrapulmonaires

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 4 jours
Nature Medicine
C’est le premier examen des effets de COVID-19 sur tous les organes affectés à l'extérieur des poumons (Visuel AdobeStock_331272823)

Décrite au départ comme une forme de pneumonie, la maladie COVID-19, associée au coronavirus SARS-CoV-2 se révèle extrêmement variable, selon les patients, avec des manifestations systémiques et multi-organiques, notamment aux niveaux du système cardiovasculaire et neurologique.  Ces médecins de l'Université Columbia qui nous apportent, dans la revue Nature Medicine, le premier examen complet des effets du COVID-19 à l'extérieur du poumon, décrivent ainsi un virus complexe et déroutant.

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L’auteur principal, le Dr Aakriti Gupta, du Columbia University Irving Medical Center (CUIMC) n’a mis que quelques jours, au tout début de l’épidémie, à réaliser que le coronavirus ciblait bien plus que le système respiratoire. « J'étais en première ligne dès le début », écrit l’auteur dans son communiqué. « J'ai observé que les patients coagulaient beaucoup, qu'ils avaient une glycémie élevée même s'ils n'avaient pas de diabète, et que beaucoup souffraient de lésions au cœur et aux reins ». Pourtant, peu d’études cliniques ont été publiées sur les effets non respiratoires de COVID-19. L’équipe de Manhattan a donc décidé de fusionner, avec des collègues du Beth Israel Deaconess Medical Center, de la Harvard Medical School, de Yale et du Mount Sinai Hospital, les données de la littérature portant sur les retours d’expériences des différentes spécialités.

C’est le premier examen des effets de COVID-19 sur tous les organes affectés à l'extérieur des poumons

« Les médecins doivent considérer le COVID-19 comme une maladie multisystémique », explique l’auteur. Il y a beaucoup de données sur la coagulation, mais il est essentiel de prendre conscience de l’incidence des lésions rénales, cardiaques et cérébrales, et les médecins doivent traiter ces conditions avec la maladie respiratoire.

 

Caillots sanguins, inflammation et « décharge » immunitaire :

  • de nombreuses complications thrombotiques ont été documentées avec COVID-19, et bien plus qu’avec d'autres maladies virales ;
  • ces complications de la coagulation peuvent provenir de l'attaque du virus sur les cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins. Lorsque le virus attaque les cellules des vaisseaux sanguins, l'inflammation progresse et le sang commence à former des caillots, petits et grands. Ces caillots sanguins peuvent voyager dans tout le corps et faire des ravages sur les organes, perpétuant un cercle vicieux de thrombo-inflammation ;
  • des essais cliniques sont en cours, notamment à Columbia, pour étudier la dose optimale et le calendrier des anticoagulants chez ces patients à troubles de la coagulation associés à COVID-19 ;
  • le système immunitaire est lui-aussi extrêmement impacté par l’inflammation ; un essai clinique récent a révélé qu'au moins un stéroïde, la dexaméthasone, réduisait d'un tiers les décès chez les patients ventilés. Des essais cliniques randomisés sont en cours pour cibler des composants spécifiques de la thrombo-inflammation et du système immunitaire, tels que la signalisation de l'interleukine-6.

 

Des événements et des lésions cardiaques :

  • les caillots peuvent provoquer des crises cardiaques, mais le virus attaque le cœur de multiples manières ;
  • le mécanisme des lésions cardiaques associées à COVID-19 reste mal compris, car le virus n'a pas été suffisamment isolé et étudié dans le tissu cardiaque en particulier en cas d'autopsie ;
  • le muscle cardiaque semble endommagé par l’inflammation systémique et la libération de cytokines décrite comme une « tempête de cytokines » ;

 

Sur l’insuffisance rénale :

  • une forte proportion de patients atteints de COVID-19 en USI ont également présenté des lésions rénales aiguës ; ainsi, à New York, les cliniciens ont constaté une insuffisance rénale chez jusqu'à 50% des patients des soins intensifs ;
  • le récepteur ACE2 utilisé par le virus pour pénétrer dans les cellules se trouve à des concentrations élevées dans les reins et pourrait probablement être responsable de ces lésions rénales ;
  • environ 5 à 10% des patients ont eu besoin d'une dialyse ; une proportion importante de patients nécessitera probablement une dialyse permanente.

 

Des effets neurologiques

  • Les symptômes neurologiques, notamment des maux de tête, des étourdissements, de la fatigue et la perte d'odorat, surviennent chez environ un tiers des patients.
  • les accidents vasculaires cérébraux causés par des caillots sanguins se produisent dans jusqu'à 6% des cas graves et le délire chez 8% à 9% des patients COVD-19 ;
  • les intubations sont très prolongées et les patients ont besoin de beaucoup de sédation. Cela peut expliquer le délire et les hallucinations en USI.

 

« Ce virus est inhabituel et il est difficile de ne pas être impressionné par le nombre de manifestations qu’il déclenche chez l’Homme », concluent les chercheurs. « Nous devons garder à l'esprit que tous les organes peuvent être touchés lorsque nous prenons en charge des patients COVID-19 ».