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COVID-19 : À perte d’odorat, symptômes plus bénins ?

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 2 jours
International Forum of Allergy and Rhinology
L'un des défis immédiats de cette crise est de déterminer le mode de prise en charge le plus adapté des patients COVID-19

On sait aujourd’hui que des symptômes neurologiques sont présents chez plus d’un tiers des patients COVID-19, avec une prévalence plus élevée avec la sévérité de la maladie. Parmi ces symptômes, l’anosmie (la perte de l'odorat) et la dysgueusie (la perte du goût) sont retrouvées chez plus de 5% des patients. Cette étude d’une équipe de l’Université de Californie - San Diego (UC San Diego), publiée dans dans la revue International Forum of Allergy & Rhinology associe aujourd’hui ce symptôme à une forme plus légère de la maladie. Cet indicateur précoce pourrait aider les professionnels de santé à déterminer quels patients nécessitent une hospitalisation.

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L'un des défis immédiats de cette crise est de déterminer le mode de prise en charge le plus adapté des patients COVID-19, explique l’auteur principal, le Dr Carol Yan, chirurgien ORL à l’UC San Diego Health. Si les patients ne présentent aucun symptôme ou alors des symptômes bénins, peut-on les renvoyer chez eux à l’isolement ? Ou doit-on les hospitaliser ? Ce sont des questions cruciales pour les responsables des hôpitaux qui doivent allouer des ressources limitées de la manière la plus efficiente possible.

La perte d'odorat prédit une évolution clinique « plus douce » de COVID-19

Attention, tout de même aux comorbidités : « Ce qui est remarquable dans cette nouvelle découverte, est que la perte d'odorat semble être un facteur prédicteur d’une infection plus modérée, moins susceptible de nécessiter l’hospitalisation et encore moins la prise en charge en réanimation. Si une personne infectée perd le sens de l’odorat, ses symptômes seront en général bénins, à l'exception de la présence d’autres facteurs de risque sous-jacents ». Ces facteurs de risque précédemment documentés comprennent comprennent les maladies pulmonaires chroniques, les maladies cardiaques graves, le diabète et l'obésité.

Cette analyse rétrospective récente, menée entre le 3 mars et le 8 avril 2020 est menée sur les données de 169 patients testés positifs à COVID-19. Les données olfactives et gustatives ont été obtenues pour 128 des 169 patients ; 26 d'entre eux ont dû être hospitalisés. L’analyse montre que les patients hospitalisés sont moins susceptibles de signaler une anosmie (26,9% contre 66,7% pour les participants pris en charge en ambulatoire). Des taux similaires retrouvés pour la perte de goût ou dysgueusie.

Les patients qui signalent une perte d'odorat sont 10 fois moins susceptibles d'hospitalisation

Ensuite, l'anosmie n'est, dans cette petite étude, associée à aucun autre facteur de décision d’hospitalisation, ce qui suggère que c'est vraiment un facteur indépendant qui peut servir de marqueur de forme plus légère de COVID-19.

 

L’importance du site et du dosage de la charge virale initiale : cette association suggère pour les chercheurs que le site et le dosage de la charge virale initiale (donc le nez ou la bouche) ainsi que l'efficacité de la réponse immunitaire de l'hôte contribuent à déterminer la propagation du virus au sein de l’hôte et finalement l'évolution clinique la maladie : ainsi, si le SRAS-CoV-2 se concentre initialement dans le nez et les voies respiratoires supérieures, où il affecte la fonction olfactive, il entraîne une infection moins sévère mais plus soudaine au départ, ce qui réduit le risque de submersion du système immunitaire de l'hôte. La perte d’odorat indiquerait une réponse immunitaire robuste localisée dans les voies nasales, limitant la réponse inflammatoire incontrôlée, ailleurs dans le corps.

 

Des implications pour la vaccination : si cette hypothèse était confirmée, cela pourrait signifier qu’à faible dose et sur un site d'inoculation éloigné, l'hôte peut générer une réponse immunitaire sans infection grave.

Il y a quelques limites à cette recherche, cependant très instructive, comme l'autodéclaration des données sur l'anosmie, le biais habituel de rappel des patients après annonce du diagnostic de COVID-19, et l’hypothèse qu’une maladie plus sévère, nécessitant une hospitalisation pourrait occulter un symptôme plus léger comme la perte d’odorat.

 

Des études supplémentaires sont donc nécessaires avec cependant, des pistes cliniques immédiates.