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COVID-19 : Fait-il vraiment bourdonner les oreilles ?

Actualité publiée il y a 7 mois 1 jour 3 heures
Journal of the American Academy of Audiology
Ces symptômes affectant les oreilles, signalés par de nombreux patients, notamment de perte auditive, d’acouphènes et de bourdonnements dans les oreilles n'apparaissent pas significativement agravés avec la pandémie (Visuel Adobe Stock 326993165).

Le virus SARS-CoV-2 peut-il infecter l'oreille interne et entraîner des symptômes auditifs et des problèmes d’équilibre chez les patients COVID? C'est ce qu'a récemment suggéré une étude d’une équipe du MIT. Cette nouvelle étude de la Florida Atlantic University (FAU), publiée dans le Journal of the American Academy of Audiology, prend le contrepied, en démontrant que ces symptômes affectant les oreilles, signalés par de nombreux patients, et notamment de perte auditive, d’acouphènes et de bourdonnements dans les oreilles, ne se sont pas significativement agravés avec la pandémie.

 

10% de la population adulte serait touchée par les acouphènes ; selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), plus de 50 millions d'Américains souffrent d'une forme d'acouphène ; enfin, on estime que 30 % des personnes souffriront d'acouphènes à un moment donné de leur vie. Les acouphènes sont le plus souvent décrits comme des « bourdonnements » ou des sifflements dans les oreilles et sont ressentis même en l'absence de son externe. L'acouphène est ainsi la perception d’un son dans l'oreille sans stimulus externe. Les acouphènes peuvent aller et venir, ou peuvent être continus. La condition est généralement associée à une perte auditive avec l'âge, à des lésions de l'oreille causées par une exposition à des niveaux sonores par ricochet plus élevés, et à une réaction indésirable aux médicaments. La survenue des acouphènes peut également être affectée par le stress physique ou émotionnel, la tension, l'anxiété et la dépression, les changements d'humeur et les troubles du sommeil.

 

Le COVID-19 a entraîné toute une gamme de symptômes sensoriels, dont des changements dans l’odorat (anosmie, hyposmie, parosmie ou fantosmie), le goût (dysgueusie), l’ouïe avec des cas de surdité soudaine, des troubles de l’équilibre et des acouphènes.

Le COVID a-t-il agravé les acouphènes ?

Il n'était pas certain que l’impact psychologique ou le processus infectieux du COVID ait pu aggraver les acouphènes. L’équipe de la Florida Atlantic University (FAU) a donc comparé ici les symptômes de patients souffrant d'acouphènes avant et pendant la pandémie. Le Dr Ali Danesh, co-auteur et professeur expert en troubles de la communication au FAU College of Education, et son équipe, ont donc comparé l’audition de participants souffrant d’acouphènes, avant et pendant la pandémie.

 

  • un groupe de 125 patients souffrant d’acouphènes évalués en clinique de l’oreille, au cours des 3 mois de confinement au Royaume-Uni ;
  • un groupe témoin de 123 patients, évalués pendant la même période, mais l'année précédente.

Les 2 groupes étaient appariés en termes d'âge, de sexe et de sévérité des acouphènes et de la perte auditive.

 

  • La comparaison de données objectives d’évaluation clinique ne soutient pas un effet significatif de la pandémie,

qu’il soit d’étiologie infectieuse ou psychologique, d’aggravation de l'intensité, de la gêne ou de l'impact des acouphènes ;

  •  les scores moyens d’audition ne diffèrent pas de manière significative pour les groupes évalués avant et pendant le confinement ;
  • les changements dûment pris en compte de bien-être psychologique ou le stress asqsociés à la pandémie et au confinement n'ont pas affecté de manière significative les évaluations de la gravité des acouphènes.

 

« Il est possible que des facteurs liés à la pandémie exacerbent l'expérience des acouphènes, car les acouphènes sont liés à l'anxiété générale et au bien-être psychologique. D'un autre côté, peut-être que l'effet du COVID-19 sur la vie quotidienne a fait réaliser aux personnes souffrant d'acouphènes qu'il y a des choses bien plus importantes que les acouphènes, en remettant leur inconfort en perspective et en conduisant finalement à une diminution relative de leur impact », concluent les chercheurs.

 

Par ailleurs, on ignore si les patients qui souffrent d’acouphènes sont capables d’apprécier leur sévérité en toute objectivité, et en regard de leurs niveaux de stress et d’anxiété. Cela pourrait expliquer des biais dans les études précédentes qui ont conclu à un effet d’aggravation indirect du COVID-19 sur cette condition.