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COVID-19 : Les infirmiers marqués et épuisés par la crise

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 1 semaine
Nursing Administration Quarterly
Durant la pandémie de COVID-19, les conditions de travail avec le plus souvent de longues périodes de soins aux patients ont gravement affecté la santé physique et mentale des infirmières (Visuel Adobe Stock 366204474)

Cette étude menée par une équipe du College of Nursing, The Ohio State University sur l'association entre le bien-être des infirmières, la culture du bien-être au travail et la durée des quarts de travail, montre combien la pandémie de COVID-19 avec ses conditions de travail difficiles et le plus souvent  de longues périodes de soins aux patients, a gravement affecté la santé physique et mentale des infirmières, en particulier des soignants travaillant en première ligne. L'étude publiée dans la revue Nursing Administration Quarterly vaut très probablement pour de très nombreux systèmes de santé.

 

« L'épuisement professionnel et les problèmes de santé mentale constituaient déjà une véritable épidémie chez les infirmières et cliniciens avant même que la pandémie ne frappe ; COVID-19 a exacerbé le problème », résume l’auteur principal, Bernadette Melnyk, vice-présidente pour la promotion de la santé et responsable du bien-être au Collège des sciences infirmières de l’Ohio State. « Notre étude met en lumière l'étendue considérable du problème et exhorte les systèmes de santé à le résoudre en augmentant les ressources et en développant des stratégies fondées sur des preuves ».

Augmenter les ressources, mettre en oeuvre des interventions de soutien

L'étude : L’équipe a interrogé, entre août et octobre 2020, 264 infirmières du Trusted Health, un organisme qui place des infirmières et infirmiers itinérants dans les hôpitaux et les systèmes de santé. Parmi les principales conclusions :

 

Sur la santé physique et mentale :

 

  • 75 et 81% des infirmières respectivement perdent 5 points sur une échelle d’évaluation en 10 points de la santé physique et de la santé mentale ;
  • 54% déclarent que la pandémie a aggravé leur santé physique ;
  • 79% que la pandémie avait aggravé leur santé mentale ;
  • 29,5% déclarent des symptômes dépressifs,
  • 37,5% de l’anxiété,
  • 78,5% un sentiment de contrainte,
  • 65,5% un épuisement professionnel.

 

Sur l’évolution des comportements de mode de vie, la tendance est à la dégradation :

 

  • 39% signalent une augmentation de la consommation d'alcool ;
  • seules 35% dorment au moins 7 heures par nuit ;
  • seules 22% pratiquent 150 minutes ou plus d'activité physique modérée par semaine ;
  • seules 8 % consomment au 5 cinq portions quotidiennes de fruits et légumes.

 

Sur le bien-être au travail, les infirmières qui ont pu exercer dans un milieu de travail ayant une véritable culture de la santé et du bien-être au travail, sont :

 

  • 5 fois plus susceptible de dormir au moins 7 heures par nuit ;
  • 16 fois plus susceptibles de consommer au moins 5 portions de fruits et légumes ;
  • moins susceptibles de signaler un impact négatif de la pandémie sur les comportements de mode de vie sains ;
  • 3 à 9 fois plus susceptibles de déclarer une bonne santé physique et mentale, pas ou peu de stress et l’absence d'épuisement professionnel.

 

La durée des quarts pèse lourdement sur les résultats de santé physique et mentale : les infirmières qui ont travaillé, durant la pandémie, 12 heures ou plus par quart sont plus susceptibles de :

 

  • dormir moins de sept heures par nuit,
  • pratiquer moins d'activité physique,
  • consommer moins de fruits et légumes,
  • de boire et de fumer,
  • de présenter des symptômes de burn-out,
  • d’avoir une santé physique et mentale dégradée.

 

Les auteurs se reportent vers une revue systématique récente de la littérature suggérant que « les interventions efficaces pour améliorer la santé mentale/physique, le bien-être et les modes de vie sains chez les infirmières et les médecins, comprennent la pleine conscience, le coaching de santé, la respiration abdominale profonde, la thérapie cognitivo-comportementale …».

 

Des interventions trop rarement mises en œuvre dans les établissements et structures de santé, alors que l’évolution négative de la santé physique et mentale des équipes de soin n'affecte pas seulement le bien-être des professionnels, mais sont également associés à la qualité et à la sécurité des soins apportés aux patients.

 

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