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COVID-19 : Les vitamines et suppléments en question ?

Actualité publiée il y a 9 mois 2 semaines 2 jours
Clinical Nutrition ESPEN
Certaines vitamines, comme la vitamine D plus souvent évoquée, permettent-elles de réduire le risque d’infection ou la sévérité de la maladie COVID-19 ? (Visuel Adobe Stock 244974444)

Certaines vitamines, comme la vitamine D plus souvent évoquée, permettent-elles de réduire le risque d’infection ou la sévérité de la maladie COVID-19 ? C’est la question que s’est posé cette équipe de recherche de l’Université de Tolède, qui nous propose, dans la revue Clinical Nutrition ESPEN (de l’European Society for Clinical Nutrition and Metabolism), une méta-analyse des études publiées sur le sujet. Avec des résultats toujours mitigés.

 

Au début de la pandémie, de nombreux professionnels de santé ont plébiscité une variété de micronutriments comme thérapies possibles pour contrer la maladie COVID-19. Plus récemment, des allégations nt même promus certains suppléments comme une alternative aux vaccins.

 

Cependant, cette très large méta-analyse n’identifie pas de réduction significative du risque de décès de COVID-19, associée aux vitamines C et D -documentées pour leur effet « boost » sur le système immunitaire- ainsi qu’au zinc, un supplément pourtant documenté comme protecteur et bénéfique contre les infections virales respiratoires.

Les suppléments ne remplaceront pas la vaccination !

L’équipe du Dr Ragheb Assaly, professeur de médecine à l'UToledo, a effectué une méta-analyse de 26 études évaluées par des pairs portant au total sur plus de 5.600 patients hospitalisés pour COVID-19. Cette large analyse ne révèle en effet aucune réduction de la mortalité chez les personnes ayant reçu de la vitamine D, de la vitamine C ou du zinc par rapport aux patients qui n'ont pas pris ces 3 suppléments. Précisément,

 

  • la vitamine D semble tout de même associée à des taux d'intubation plus faibles et à durées d’hospitalisation plus courte, cependant les chercheurs appellent à une étude plus rigoureuse pour confirmer cet avantage ;
  • la vitamine C et le zinc n'apparaissent pas associés à une réduction de l’hospitalisation, de la nécessité d’une ventilation ou d’une prise en charge en soins intensifs ;
  • une sous-analyse menée sur un groupe de patients ayant pris de la vitamine D avant de contracter le virus ne révèle aucune différence significative dans le taux de mortalité non plus.

 

Selon les auteurs, les données publiées sont claires : « Le public doit comprendre que la prise d'un grand nombre de ces suppléments ne se traduit pas par de meilleurs résultats. L'autre message important est que la meilleure réponse à cette maladie est le vaccin. Les suppléments de micronutriments ne compenseront pas l’absence de vaccination ».

 

Cependant, cette étude ne doit pas être interprétée comme un message déconseillant par principe la supplémentation en vitamines et/ou en minéraux. Il est en effet possible que certains patients COVID-19 souffrant de malnutrition ou d’autres carences en micronutriments puissent bénéficier de la prise de suppléments- mais toujours avec le conseil du médecin.

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