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COVID-19 : A quelle fréquence faudra-t-il se faire vacciner ?

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 2 jours
Science Immunology
Les études restent partagées sur la durée de l’immunité après l’infection, qu'en sera-t-il avec la vaccination ? (Visuel Adobe Stock 327257834)

Les études restent partagées sur la durée de l’immunité après l’infection, qu'en sera-t-il avec la vaccination ? D'autant que cette nouvelle étude menée par des chercheurs de Stanford Medicine, révèle des différences de réponse immunitaire associées aux différents degrés de sévérité de COVID-19 : dans les cas bénins de COVID-19, les anticorps anti-SARS-CoV-2 ciblent de préférence une partie différente du virus vs les cas graves. Ensuite, chez la plupart des patients, ces anticorps diminuent considérablement en seulement quelques mois après l'infection. Ces nouvelles données, présentées dans la revue Science Immunology posent la question du risque de réinfection, de la fiabilité des tests sérologiques et de la sous-estimation possible de la pandémie, de la nécessité de se faire vacciner en cas de COVID préalable et de la fréquence de la vaccination.

 

Plusieurs études ont déjà suggéré des réponses immunitaires différentes selon les patients et certaines d’entre elles ont associé un type de réponse à une qualité d’immunité. Ainsi, une étude du Brigham and Women's Hospital (BWH) qui a révélé un sous-ensemble de patients atteints de COVID-19 qui guérissent rapidement et maintiennent une réponse anticorps persistante, et qui a donc associé un rétablissement plus rapide -ou une forme plus légère- à une réponse immunitaire non seulement plus efficace mais aussi plus durable.

 

Les études restent partagées sur la durée de l’immunité après l’infection : si une récente étude portugaise révèle que chez certains patients, et chez certains seulement, les anticorps anti-SRAS-CoV-2 restent détectables et protecteurs jusqu'à 7 mois après le développement des premiers symptômes de COVID-19, de précédentes recherches ont estimé que les anticorps anti-SRAS-CoV-2 chutent brusquement au cours des trois premiers mois qui suivent l'infection, diminuant de moitié toutes les 73 journées. A ce rythme, les anticorps disparaissent sur une année en quasi-totalité.

Au-delà des effets secondaires possibles des vaccins, se pose la question de la fréquence nécessaire de la vaccination.

Un large spectre de degrés de sévérité : l’auteur principal, le Dr Scott Boyd, professeur agrégé de pathologie décrit cette nouvelle recherche comme l’une des plus complètes à ce jour sur la réponse immunitaire des anticorps au SRAS-CoV-2 en regard du large spectre de gravité de la maladie : «Nous avons évalué plusieurs points temporels et types d'échantillons, analysé les niveaux d'ARN viral dans les prélèvements nasopharyngés et les échantillons de sang de patients ». L’équipe a suivi 254 patients atteints de COVID-19 asymptomatique, léger ou sévère. Parmi les participants présentant des symptômes, 25 ont été traités en ambulatoire, 42 ont été hospitalisés en service COVID et 37 ont été pris en charge en unité de soins intensifs (USI). 25 participants sont décédés de la maladie.

 

Un processus d’infection documenté : le SRAS-CoV-2 se lie aux cellules humaines via une structure située à sa surface, appelée protéine de pointe. Cette protéine se lie à un récepteur présent sur les cellules humaines appelé ACE2. La liaison permet au virus d'entrer et d'infecter la cellule. Une fois à l'intérieur, le virus perd sa couche externe pour révéler une coque interne renfermant son matériel génétique. Le virus collabore ensuite avec la machinerie de fabrication de protéines de la cellule pour produire plus de particules virales, qui sont libérées pour infecter d'autres cellules.

 

Des anticorps plus ou moins efficaces : les anticorps qui reconnaissent et se lient à la protéine de pointe bloquent sa capacité à se lier à ACE2, empêchant le virus d'infecter les cellules, alors que les anticorps qui reconnaissent d'autres composants viraux sont peu susceptibles d'empêcher la propagation virale. Les vaccins candidats actuels utilisent des fragments de la protéine de pointe pour stimuler une réponse immunitaire. Dans cette étude,

  • les chercheurs analysent les niveaux de trois types d'anticorps - IgG, IgM et IgA - et les proportions qui ciblent la protéine de pointe virale ou l'enveloppe interne du virus au fil de l’évolution de la maladie ;
  • ils rapprochent ces données du degré de sévérité et de la durée de la maladie ;
  • ils mesurent également les niveaux de matériel génétique viral dans les échantillons nasopharyngés et le sang des patients ;
  • enfin, ils évaluent en laboratoire, l'efficacité des anticorps pour empêcher la protéine de pointe de se lier à ACE2.

L’analyse révèle que les patients atteints d’une forme sévère de COVID-19 ont de faibles taux d'anticorps ciblant la protéine de pointe (S) utilisée par le virus pour pénétrer dans les cellules humaines par rapport au nombre d'anticorps ciblant les protéines de la membrane interne du virus.

Ainsi, la spécificité de cette étude est d’avoir comparé les protéines virales ciblées par les anticorps et d’avoir identifié

une corrélation entre le degré de sévérité de de la maladie et le taux d’anticorps reconnaissant « S ».

Les personnes atteintes de maladie bénigne avaient tendance à avoir une proportion plus élevée d'anticorps anti-Spike, et celles qui en sont décédées, d'anticorps ciblant d'autres parties du virus.

 

Les anticorps « chutent » rapidement : comme dans d'autres études, les chercheurs constatent que les personnes atteintes d'une maladie asymptomatique et bénigne ont globalement des taux d'anticorps inférieurs à ceux atteints d'une maladie grave. Après la guérison, les niveaux d'IgM et d'IgA diminuent régulièrement jusqu’à des niveaux faibles ou indétectables chez la plupart des patients sur une période d'environ 1 à 4 mois après l'apparition des symptômes ou la date d'infection estimée, et les niveaux d'IgG chutent, eux-aussi, de manière significative. Ces résultats posent la question suivante :

« la réponse immunitaire à la vaccination contre le SRAS-CoV-2 sera-t-elle plus forte ou plus persistante que celle provoquée par une infection naturelle ? »

 

Mais se pose également la question de la nécessité de se faire vacciner en cas d’infection préalable ou,  en cette période de début de disponibilité des vaccins, de la fréquence de vaccination : « combien de temps le vaccin sera-il protecteur » ?