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COVID-19 : Un mauvais rêve pour beaucoup

Actualité publiée il y a 1 mois 4 semaines 1 jour
Frontiers in Psychology
Le coronavirus a également envahi plus de la moitié des mauvais rêves (Visuel AdobeStock_147472790)

Ces psychologues de l'Université d'Helsinki apportent, avec l’aide de l'intelligence artificielle, une nouvelle preuve de l’anxiété profonde générée par le COVID-19 chez une grande partie de la population. Cette analyse publiée dans la revue Frontiers in Psychology, du contenu des cauchemars décrit par 800 participants durant la période de confinement confirme que l’épidémie avec ses conséquences elles bien réelles est vécue comme un cauchemar par près d'une personne sur 2.

Les scientifiques finlandais ont utilisé l'intelligence artificielle pour analyser plus facilement le contenu des rêves, ainsi que les données sur le sommeil et le stress de près d'un millier de personnes. L’algorithme d'IA basé sur la linguistique informatique a permis d’analyser les associations de mots apparaissant fréquemment dans les récits des participants. L'ordinateur a construit ce que les chercheurs ont appelé des modèles de rêves à partir de fragments.

Schéma Frontiers in Psychology

Une imagerie partagée qui se reflète dans les mauvais rêves.

Cette analyse révèle :

  • une anxiété générale et élevée face à la pandémie ;
  • le coronavirus a également envahi plus de la moitié des mauvais rêves ;
  • des associations fréquentes dans les rêves décrits entre le COVID, le confinement et une « ambiance apocalyptique » qui suggèrent une même imagerie mentale partagée par de nombreux participants -ce qui suggère aussi des traces mnésiques identiques à long terme-.

L'auteur principal, le Dr Anu-Katriina Pesonen, Directeur de recherche sur le sommeil à l'Université d'Helsinki relève que l’épidémie a induit une imagerie partagée reflétée dans les mauvais rêves.

 

33 groupes ou thématiques majeures de rêves ont émergé, 20 ensembles de rêves ont été classés comme « mauvais rêves » et 55% de ces mauvais rêves comportaient un contenu spécifique à la pandémie. Parmi les thèmes les plus fréquemment évoqués, les échecs de distanciation sociale, la contagion, la pénurie d’équipements de protection individuelle comme les masques, la dystopie et l'apocalypse. Parmi les expressions ou les concepts qui reviennent dans les récits : « un câlin de trop », « une poignée de main donnée par erreur », « le sentiment de mépris », d’isolement et de distance des autres », « la peur de la solitude », «la disparition  de toute joie et l’interdiction des fêtes ».  

 

Le sommeil est bouleversé : L'étude confirme également un bouleversement des habitudes de sommeil et une hausse spectaculaire des niveaux de stress pendant la période de confinement : plus de la moitié des participants déclarent dormir plus longtemps mais d’un sommeil de moindre qualité, avec des troubles de l’endormissement chez 10% des participants et des cauchemars et des réveils nocturnes chez 25%. Plus de 50% des participants signalent une augmentation du stress, cette augmentation étant significativement associée à un sommeil agité et aux mauvais rêves. Les participants les plus stressés sont aussi ceux qui déclarent le plus de cauchemars évoquant la pandémie.

 

L’étude apporte ainsi une illustration des conséquences du coronavirus sur la santé mentale et suggère, avec cette incidence des cauchemars répétés et intenses un risque de stress post-traumatique durable chez une partie de la population.

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