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CRISE CARDIAQUE : Comment, en fumant, le patient cardiaque aggrave son cas

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 1 semaine
ESC Congress 2022
Le tabagisme excessif et l'inhalation de fumée associée peuvent aggraver l'impact des crises cardiaques (Visuel Adobe Stock 509717707)

En fumant, le patient cardiaque aggrave considérablement son cas : le tabagisme excessif et l'inhalation de fumée associée peuvent aggraver l'impact des crises cardiaques, alerte et explique cette équipe de de l'hôpital Lariboisière (Paris), qui présente ses conclusions lors du Congrès 2022 de la Société Européenne de Cardiologie. Ainsi, les chercheurs révèlent que le risque de décès ou de mauvais pronostic, après une crise cardiaque, est plus de 20 fois plus élevé chez les fumeurs dont les niveaux de monoxyde de carbone exhalé sont supérieurs à 13 ppm : ce qui est le cas avec une forte consommation de tabac et une inhalation importante de fumée.

 

L’auteur principal, le professeur Patrick Henry de l'hôpital Lariboisière commente ces données : « La quantité de monoxyde de carbone dans l'haleine est directement liée au nombre de cigarettes fumées mais aussi à la façon dont on fume ». Ainsi, certains fumeurs peuvent inhaler la fumée profondément ou pas du tout, d’autres peuvent fumer leurs cigarettes jusqu’au bout ou bien les abandonner en cours de combustion, dans un cendrier. Enfin, le lieu du tabagisme joue un rôle crucial ; fumer dans une petite pièce non ventilée augmente probablement la concentration de monoxyde de carbone par rapport au fait de fumer à l'extérieur.

La combustion des cigarettes produit du monoxyde de carbone (CO)

Ce gaz hautement toxique est retrouvé également dans les gaz d'échappement, la pollution ou avec certains systèmes de chauffage défectueux. Le monoxyde de carbone remplace l'oxygène dans le sang et peut être mortel.

 « Les patients souffrant d'événements cardiaques aigus tels que les crises cardiaques n'ont pas suffisamment d'oxygène dans leurs artères coronaires »

 

L’étude : les chercheurs ont donc émis l'hypothèse que si une partie de l'oxygène était remplacée par du monoxyde de carbone, la sévérité de l’événement cardiaque pourrait être aggravée. L’équipe a donc mesuré le monoxyde de carbone expiré dans les deux heures suivant leur admission, par 1.379 patients, âgés en moyenne de 63 ans, à 70 % des hommes, hospitalisés pour des événements cardiaques aigus en unités de soins intensifs cardiaques (USIC) en France.

 

  • 52 % des participants présentaient un syndrome coronarien aigu,
  • 13 % une insuffisance cardiaque aiguë,
  • 34 % d'autres affections cardiaques aiguës.

Leur séjour médian à l'USIC a été de 5 jours.

Les participants ont renseigné leur statut tabagique :

  • 33 % étaient non-fumeurs,
  • 39 % d'anciens fumeurs,
  •  et 27 % des fumeurs actifs.

L’analyse révèle que :

 

  • le niveau de monoxyde de carbone (CO) est similaire chez les non-fumeurs et les anciens fumeurs (moyenne 3,6 et 3,3 ppm, respectivement),
  • le niveau de CO est significativement plus élevé chez les fumeurs actifs (moyenne 9,9 ppm).
  • 4,2 % patients ont subi un événement indésirable majeur pendant leur séjour à l'hôpital ;
  • le niveau de CO s’avère significativement associé de manière significative à des événements indésirables majeurs chez les fumeurs actifs : à chaque augmentation d'1 ppm de CO, est associée une augmentation de 14 % du risque d’événement cardiaque ;

 

Un seuil de mauvais pronostic : les chercheurs identifient le seuil de 13 ppm comme prédictif d’un risque significativement accru :

 

  • ainsi, les fumeurs ayant un niveau de monoxyde de carbone supérieur à 13 ppm, par rapport à < 13 ppm encourent un risque 23 fois plus élevé ;
  • ce résultat vaut après ajustement pour les facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe, le diabète, le statut tabagique, les antécédents de maladie cardiovasculaire, d'insuffisance rénale chronique et les antécédents de cancer ;
  • les fumeurs ayant un niveau de CO <13 ppm ou moins encourent un risque d'événements indésirables majeurs similaire à celui des non-fumeurs ou des anciens fumeurs ;
  • enfin, 19 % des fumeurs actifs présentaient un niveau de CO> 13 ppm, vs moins de 2 % pour les non-fumeurs ou les anciens fumeurs.

 

L’étude montre que lorsqu'un fumeur est hospitalisé pour un événement cardiaque aigu, un niveau de monoxyde de carbone supérieur à 13 ppm est associé à un pronostic plus sombre. Ainsi, selon les auteurs, le niveau de monoxyde de carbone est un prédicteur beaucoup plus puissant des événements indésirables que le statut tabagique.

En mesurant le CO expiré chez les patients cardiaques lors de leur admission, il serait aussi possible de mieux évaluer leur pronostic.

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