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CRISE CARDIAQUE : Pourquoi cette surmortalité chez les femmes ?

Actualité publiée il y a 1 année 10 mois 3 semaines
Journal of the American Heart Association
Le taux de décès à 5 ans après crise cardiaque est plus élevé chez les femmes (46%) vs les hommes (35%) ;

Est-ce que les femmes qui subissent une crise cardiaque reçoivent moins de soins que les hommes, sont-elles moins observantes ou prennent-elles moins le temps de la récupération ? Toujours est-il que cette méta-analyse souligne qu’elles « se portent plus mal » que les hommes après une crise cardiaque et encourent un risque de mortalité très supérieur. Des données présentées dans le Journal of the American Heart Association qui rappellent l’importance d’une adhésion aux directives de prise en charge de l'infarctus aigu du myocarde, en particulier chez les femmes.

 

Car si les taux de décès sont bien là -et supérieurs chez les femmes post-crise cardiaque- lorsque les chercheurs examinent uniquement les données de patients pris en charge dans le respect des bonnes pratiques, l’analyse n’identifie plus aucune différence entre les hommes et les femmes. Cette sous-analyse suggère soit que les femmes sont peut-être moins bien suivies que les hommes, qu’elles suivent moins sérieusement leur traitement soit que la prise en compte par les auteurs dans l’analyse de l’espérance de vie plus élevée des femmes pèse peut-être exagérément dans ces résultats alarmants.

 

Les chercheurs de l'Université de Leeds et de Leicester (UK) et de l'Institut Karolinska et de l'Université d'Uppsala (Suède) ont analysé les données d’une étude de cohorte multicentrique (73 hôpitaux) portant sur 180.368 patients ayant reçu des soins hospitaliers pour une crise cardiaque en Suède entre 2003 et 2013. Les chercheurs ont pris en compte les soins reçus, les différences entre les sexes dans les traitements et la survie après la crise cardiaque à 1 et 5 ans après l'hospitalisation. Il faut préciser que les auteurs ont travaillé sur la survie relative, c’est-à-dire en comparaison de l’espérance de vie en population générale, et ont donc pris en compte le fait qu’en moyenne, les femmes sont plus susceptibles de vivre plus longtemps que les hommes. L’analyse constate que :

  • L’incidence de la crise cardiaque est plus tardive chez les femmes vs les hommes ;
  • Les femmes victimes de crise cardiaque sont plus susceptibles de présenter d'autres maladies comme le diabète, l'hypertension et l'insuffisance cardiaque, mais sont moins susceptibles d'être des fumeuses ;
  • le taux de décès à 5 ans est plus élevé chez les femmes (46%) vs les hommes (35%) ;
  • le délai moyen du décès est plus court chez les femmes (1,7 an) vs les hommes (1,9 an) ;
  • les femmes présentent en réalité un risque légèrement moindre de décès toutes causes confondues à 6 mois, 1 an et 5 ans par rapport aux hommes, mais globalement, en termes de risque relatif (vs espérance de vie/sexe) s'en tirent moins bien que les hommes :
  • Après crise cardiaque, 83% des femmes ont survécu à 1 an et 75% à 5 ans vs 87% et 82% pour les hommes, ce qui correspond, pour les femmes, à un risque multiplié par 3 de décès à 1 an et par 2 à 5 ans ;
  • Les femmes ayant eu des symptômes de crise cardiaque sans les caractéristiques ECG classiques (non-STEMI) ont une survie plus faible par rapport aux hommes seulement à 5 ans (73% contre 76%).
  • Enfin, l'ajustement pour l'âge et d'autres maladies entraîne peu de différence dans ces résultats.
  • Un facteur majeur, la prescription et l’observance du traitement recommandé dans les lignes directrices : la prise en compte de ce facteur élimine toute différence de décès/survie entre hommes et femmes.

 

 

En conclusion, si les femmes atteintes d'un infarctus aigu du myocarde présentent le même taux de mortalité toutes causes confondues, elles encourent une surmortalité par rapport aux hommes qui disparaît après ajustement avec la prise des traitements préconisés par les lignes directrices.

 

On ne peut en conclure que les femmes sont moins bien soignées ou moins observantes, mais cela suggère qu'une meilleure adhésion médecin/patient aux recommandations de prise en charge de l'infarctus aigu du myocarde peut réduire ce risque de décès prématurée cardiovasculaire chez les femmes.

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