CRISE CARDIAQUE : Pourquoi est-elle moins grave la nuit que le jour
Une étude du Centro Nacional de Investigaciones Cardiovasculares Carlos III (CNIC) en révélant que les neutrophiles, un type de cellules immunitaires, sont moins agressifs la nuit, explique pourquoi les infarctus nocturnes sont moins graves que ceux qui surviennent le jour. Ces travaux, publiés dans le Journal of Experimental Medicine, démontrent que ces cellules immunitaires, les neutrophiles, possèdent une horloge interne.
Le système immunitaire protège l'organisme contre les micro-organismes responsables d'infections. L'être humain étant diurne – actif le jour et endormi la nuit –, la probabilité d'exposition aux agents pathogènes est plus élevée durant la journée. Le système immunitaire ajuste donc ses pics d'activité à ce rythme circadien.
Cependant, cette même réponse immunitaire peut devenir néfaste. Il est bien établi que, dans des situations critiques stressantes telles qu'un infarctus du myocarde, le système immunitaire peut provoquer des lésions tissulaires collatérales importantes.
Des décennies de recherche ont démontré que près de la moitié des lésions cardiaques consécutives à un infarctus sont dues aux neutrophiles et que ce type de lésions inflammatoires fluctue au cours de la journée, suggérant l'existence de mécanismes circadiens qui limitent l'activité des neutrophiles et protègent l'organisme.
En bloquant cette horloge moléculaire des neutrophiles de manière à les maintenir dans un état « nocturne »,
il serait donc possible de réduire leur capacité de nuisance lors d'un infarctus. Car c’est bien cette horloge qui, en régulant l’activité de ces globules blancs tout au long de la journée qui détermine l'étendue des dommages au cœur après une crise cardiaque.
L’étude analyse les données de milliers de patients victimes d’infarctus et constate que :
- l’activité neutrophilique plus faible la nuit entraîne des infarctus moins sévères durant cette période ;
- sur des modèles expérimentaux, une stratégie pharmacologique visant à bloquer l'horloge moléculaire des neutrophiles, réduit en effet le potentiel nocif des neutrophiles et donc la gravité de l’infarctus.
Un traitement réducteur d’infarctus ? Le composé utilisé dans cette étude préclinique imite un facteur que l'organisme produit principalement la nuit et
ce facteur « trompe » les neutrophiles en leur faisant croire qu'il fait nuit,
ce qui réduit leur activité toxique.
L’auteur principal, le Dr Alejandra Aroca-Crevillén, confirme que la protection observée résulte bien d'une modification du comportement cellulaire : « La nuit, les neutrophiles migrent vers la zone lésée tout en épargnant les tissus sains. Le jour, ils perdent cette capacité de migration et endommagent davantage les tissus environnants ».
Le système immunitaire a aussi son rythme circadien
Cette étude est l'une des premières à exploiter les rythmes circadiens du système immunitaire pour moduler l'inflammation sans compromettre la défense contre les infections. Ici, le blocage de l'horloge circadienne des neutrophiles protège non seulement le cœur, mais améliore également les réponses à certains microbes et réduit même les embolies associées à la drépanocytose.
Ces observations révèlent également un « point de contrôle » circadien des neutrophiles qui protège contre l'inflammation excessive et qui peut être activé thérapeutiquement pour protéger l'organisme.
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