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CYTOMÉGALOVIRUS : Les promesses d’un candidat vaccin à ARNm

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 13 heures
The Journal of Infectious Diseases
Un vaccin expérimental à ARNm contre le cytomégalovirus humain (CMV) démontre ici sa capacité à induire des réponses immunitaires prometteuses (Visuel Adobe Stock 230079059)

Un vaccin expérimental à ARNm contre le cytomégalovirus humain (CMV), un virus courant qui peut infecter les bébés pendant la grossesse et entraîner des malformations congénitales, démontre ici sa capacité à induire des réponses immunitaires prometteuses. Ces travaux, menés à la Weill Cornell Medicine (New York), publiés dans le Journal of Infectious Diseases, suggèrent même une efficacité supérieure à celle des autres candidats vaccins contre le CMV.

 

L'étude apporte les premières preuves que ce nouveau candidat vaccin à ARNm, -fabriqué par le laboratoire Moderna, - peut protéger les adultes contre le CMV. En d’autres termes, il pourrait empêcher les femmes de transmettre l’infection nocive à leur bébé pendant la grossesse.

 

Comparé à un précédent candidat modérément efficace appelé gB/MF59, ce vaccin à ARNm a suscité des réponses plus efficaces permettant d’empêcher le virus CMV d’infecter les cellules épithéliales qui tapissent la bouche et le nez et constituent la première ligne de défense contre l’infection virale.

 

Le candidat vaccin à ARNm s’est également avéré plus efficace pour inciter le système immunitaire à détruire les cellules infectées par le CMV.

 

L’auteur principal, le Dr Sallie Permar, chef du Service de pédiatrie à la Weill Cornell Medicine précise qu’un essai clinique est en cours, qui confirmera si ces différences conduisent à une meilleure protection contre l’infection à CMV.

Un nouveau-né sur 200 dans le monde est infecté par le CMV pendant la grossesse.

Le virus provoque rarement des maladies graves chez les adultes en bonne santé, mais peut en revanche provoquer des malformations congénitales et des lésions cérébrales chez les nouveau-nés infectés in utero, ainsi que des infections mortelles chez les adultes immunodéprimés. Il s'agit de l'infection congénitale la plus courante dans le monde.

 

D’autres candidats vaccins ont été développés, Sanofi et Novartis ayant notamment développé le candidat vaccin gB/MF59, qui ciblait la glycoprotéine B (gB), une protéine de surface virale chargée de sucre qui fonctionne avec d'autres protéines pour aider le CMV à s'attacher aux cellules humaines et à les infecter. Un essai clinique de phase II a d’ailleurs montré que la moitié des femmes vaccinées étaient protégées contre l’infection à CMV, cependant ces données n’avaient pas incité à mener des essais de phase III.

 

L’étude utilise ici les données et les échantillons de patients de l’essai de phase 2 gB/MF59, comme référence pour évaluer le nouveau vaccin à base d’ARNm. Utilisant la même technologie qui a produit le vaccin COVID-19, le vaccin CMV de Moderna comporte une deuxième cible – un complexe protéique de 5 unités qui permet au virus d’infecter les cellules épithéliales qui tapissent le nez et la bouche – en plus de la glycoprotéine B. Les chercheurs ont donc comparé les réponses immunitaires des participantes vaccinées avec gB/MF59 lors de l'essai de phase 2 avec les réponses immunitaires des participantes vaccinées avec le nouveau vaccin à ARNm anti-CMV. Cet essai de phase I montre que :

 

  • le nouveau vaccin à ARNm déclenche une réponse immunitaire plus forte ;
  • cette efficacité supérieur s’explique notamment par sa cible supplémentaire ;
  • le candidat vaccin a incité les cellules immunitaires à produire des anticorps neutralisants qui bloquent l’entrée du virus dans une cellule, empêchant ainsi la réplication virale ;
  • le vaccin à ARNm a induit des réponses anticorps qui pourraient détruire les cellules infectées- alors que les participantes vaccinées avec le vaccin gB/MF59 avaient produit des niveaux plus élevés d’anticorps mais à plus faible activité neutralisante.

 

Ce vaccin de Moderna est aujourd’hui passé à son tout premier essai clinique de phase III qui devra confirmer une protection renforcée contre le CMV.

 

« Après plus de 50 ans de recherche, nous sommes plus près que jamais d’avoir un vaccin homologué contre le CMV ».

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