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DÉMENCE : Sa prévalence pourrait exploser

Actualité publiée il y a 7 mois 6 jours 19 heures
The Lancet Public Health
L’incidence et donc la prévalence de la démence pourrait être 42 % plus élevé que prévu d’ici 2040 (Visuel Adobe Stock 267911424)

L’incidence et donc la prévalence de la démence pourrait être 42 % plus élevé que prévu d’ici 2040, conclut cette étude de modélisation, menée à l’University College London (UCL), qui estime, jusqu'à 1,7 million, le nombre de personnes qui pourraient vivre avec une démence en Angleterre et au Pays de Galles d'ici 2040 : c’est 40 % de plus que prévu. Ces projections d’incidence de la démence, publiées dans le Lancet Public Health, très probablement généralisables à l’Europe et plus largement aux pays plus riches, engagent à engager, d’ores et déjà, l’adaptation nécessaire voire la mutation de nos systèmes de santé.

 

De précédentes études basées sur des données allant jusqu'à 2010 avaient plutôt montré une incidence en baisse de la démence dans les pays à revenu élevé. Cependant, cette nouvelle modélisation s’inscrit en faux, avec la découverte d’une reprise de l’incidence après 2008. Ainsi, jusque-là, les autorités en Angleterre et au Pays de Galles avaient prévu que le nombre de personnes atteintes de démence augmenterait de 57 %, passant de 0,77 million en 2016 à 1,2 million en 2040. La nouvelle projection suggère que ce chiffre pourrait atteindre 1,7 million en 2040.

Une reprise du taux d’incidence de plus de 25 % entre 2008 et 2016

L’étude analyse 9 vagues de données de participants à l'étude longitudinale anglaise sur le vieillissement (ELSA), âgés de plus de 50 ans et vivant en Angleterre entre 2002 et 2019. L’analyse révèle que :

 

  • le taux d’incidence de la démence (une mesure qui prend en compte le pourcentage de la population dans chaque groupe d’âge atteint de démence) a diminué de 28,8 % entre 2002 et 2008 ;
  • ce taux repart à la hausse et de 25,2 % entre 2008 et 2016 ;
  • une tendance globalement similaire est observée dans tous les sous-groupes constitués en fonction de l’âge, du sexe et du niveau d’études ;
  • cependant, les disparités dans le taux d'incidence de la démence augmentent avec les différences de niveaux d’études : ainsi, chez les participants ayant un niveau d'études inférieur, la baisse entre 2002 et 2008 est plus faible et l’augmentation après 2008 est plus rapide ;
  • si le taux d'incidence continuait à augmenter aussi rapidement,
  • soit une augmentation de 2,8 % par an,
  • le nombre de personnes atteintes de démence pourrait être supérieur de 40 % aux précédentes prévisions, en 2040.

 

L’auteur principal, le Dr Yuntao Chen, de l’Institut d’épidémiologie et de soins de santé de l’UCL commente ces données : « Il est choquant de penser que le nombre de personnes atteintes de démence d’ici 2040 pourrait être jusqu’à 70 % plus élevé que si l’incidence de la démence avait continué à baisser ».

 

Cette tendance va entraîner à la fois un effet dévastateur sur la vie des personnes concernées, mais aussi un fardeau considérable pour nos systèmes de santé. Les auteurs appellent donc à une surveillance continue de la tendance de l’incidence et à un plan de préparation pour nos systèmes de soins de santé.

 

« Nous constatons que non seulement le vieillissement de la population est un moteur majeur de la tendance mais que le nombre de personnes développant une démence au sein des groupes plus âgés augmente également », concluent les chercheurs.

 


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