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DÉPÉNALISATION DU CANNABIS: L'Académie de Pharmacie dit NON

Actualité publiée il y a 3 années 7 mois 1 jour
Académie nationale de Pharmacie

Alors que certaines voix en France s’expriment publiquement pour une légalisation de l’usage du cannabis, l’Académie nationale de Pharmacie réitère son opposition à un tel projet. « Une légalisation serait un très mauvais message adressé à la jeunesse de notre pays, et ses conséquences seraient catastrophiques en termes de santé publique, spécialement dans notre pays caractérisé par une consommation record en Europe », précise l’Académie dans un communiqué, qui présente ses arguments :

1. En France, entre 1993 et 2014, la concentration moyenne de son principe actif, ltétrahydrocannabinol (THC), a considérablement augmenté (multipliée par 5) pour atteindre 20 % dans la résine de cannabis et 13 % dans l'herbe. Certains font de cette augmentation des teneurs un argument pour la dépénalisation mettant en avant qu'elle sera contrôlée dans les produits vendus légalement. Il n'en est rien puisque dans les pays qui l'ont adoptée, il est constaté une expansion de l'autoculture qui n'est jamais contrôlée.


2. Le cannabis est de plus en plus accidentogène sur les routes de France du fait de ses effets sur les fonctions cognitives et motrices (baisse de la vigilance et des réflexes, modifications de la perception du temps et des distances, rétrécissement du champ visuel, disparition des inhibitions et indifférence vis-à-vis de l'environnement, perturbations de la mémoire immédiate).

3. Le cannabis peut perturber gravement la maturation cérébrale entre 12 et 20 ans. Modifiant les connexions entre les neurones, il peut déterminer des troubles délirants, hallucinatoires, cognitifs qui sont des manifestations caractéristiques de la schizophrénie.

4. Un usage régulier de cannabis sur plusieurs années peut entraîner : des troubles anxieux importants, une dépression avec des risques suicidaires, un fort déclin des performances « scolaires » avec une diminution irréversible du Quotient Intellectuel (QI), l'escalade vers d'autres drogues à l'origine de polytoxicomanies.

5. La relation causale entre son usage chronique et diverses complications vasculaires touchant le cœur (infarctus), le cerveau (accident vasculaire) et les membres inférieurs (artérite) est désormais bien établie.

6. La fumée de cannabis possède un pouvoir cancérogène supérieur à celui du tabac.

7. Le cannabis diminue la libido et la fertilité masculine. En effet, le THC se concentre dans les testicules et réduit la sécrétion de testostérone. Il est à l'origine d'une variété agressive de cancer du testicule.

8. Dans les pays ayant légalisé l'usage du cannabis, le constat est catastrophique :

- banalisation du produit et augmentation du nombre de nouveaux usagers (aux États-Unis, la prévalence d'usage est plus importante dans les Etats ayant légalisé que dans les autres) ;

- augmentation du nombre de personnes dépendantes ;

- accès plus facile à des variétés nouvelles et plus concentrées en principe actif (THC) ;

- augmentation du risque de passage à d'autres drogues dures ;

- explosion de l'autoculture et développement de nouveaux modes de consommation ;

- augmentation du nombre d'hospitalisations pour intoxications aiguës et chroniques ;

- augmentation du nombre de cas d'ingestion accidentelle par des enfants ;

- augmentation du nombre d'accidents de la route liés au cannabis.

« La preuve est désormais établie que l'on meurt du cannabis, ce n'est donc pas une drogue douce ».

Compte tenu de toutes ces informations issues de publications scientifiques et médicales, la légalisation du cannabis serait la pire des solutions à adopter pour lutter dans notre pays contre ce fléau destructeur.

A l'heure où l'on mène campagne contre le tabagisme, la légalisation de l'usage du cannabis serait

« irresponsable ». En revanche, il apparait indispensable d'intensifier la lutte contre le trafic et de multiplier les actions de prévention et d'information, notamment à l'attention de la jeunesse.

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