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DÉPRESSION : La pupille indique la réponse à la stimulation

Actualité publiée il y a 7 mois 1 jour 6 heures
Brain Stimulation
L’observation de la pupille du patient peut apporter de précieux indices sur la réponse d’un patient, atteint de dépression, à la stimulation magnétique transcrânienne (Visuel Adobe Stock 635108385)

L’observation de la pupille du patient peut apporter de précieux indices sur la réponse d’un patient, atteint de dépression, à la stimulation magnétique transcrânienne. Ces 2 nouvelles études, menées par une équipe de neurologues de l’Université de Californie Los Angeles (UCLA) confortent le concept soutenant que les yeux constituent, pour les médecins aussi, une « fenêtre sur l'âme ».

 

La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) est une thérapie sûre et non invasive qui utilise des champs magnétiques pour stimuler les parties du cerveau impliquées dans la régulation de l'humeur. Les études commencent à démontrer son efficacité en cas de dépression majeure. Cependant,

la TMS ne soulage les symptômes de dépression que chez les 2 tiers des patients

atteints de dépression est résistante aux médicaments.

La capacité de prédire quel patient pourra en bénéficier le plus pourrait permettre aux médecins de mieux personnaliser et cibler le traitement. Cette étude révèle que la pupillométrie permet d’identifier les patients susceptibles de bénéficier du traitement par TMS.

Les promesses de la pupillométrie dans la dépression majeure

La pupillométrie consiste à mesurer les changements dans la réaction de la pupille à la lumière. L’équipe de l’UCLA montre ici que cette réponse de la pupille à la lumière, avant le traitement est fidèlement corrélée à l’amélioration des symptômes de dépression avec le traitement. Pourquoi ? La taille de la pupille reflète l’activation du système nerveux autonome, qui contrôle les fonctions involontaires et cette région est négativement impactée chez les personnes souffrant de dépression.

 

La première étude, parue dans le Journal of Affective Disorders, rend compte des résultats de 51 patients ayant subi des séances quotidiennes de TMS. Avant de recevoir le traitement, les chercheurs ont mesuré l'amplitude de constriction pupillaire de base des patients : soit l'ampleur du rétrécissement de la pupille lorsqu'elle est exposée à la lumière. La constriction de la pupille est un indicateur du fonctionnement du système nerveux parasympathique. Cette première analyse révèle :

 

  • une association significative entre l’amplitude de constriction de la pupille au départ et l’amélioration des symptômes avec la TMS : en pratique, les patients présentant une plus grande amplitude de constriction au départ obtiennent de meilleurs résultats.

 

La deuxième étude, parue dans Brain Stimulation a comparé des patients traités pour dépression répartis pour recevoir l'un des deux protocoles TMS courants : la stimulation à 10 Hz et la stimulation intermittente en rafale thêta (iTBS : intermittent theta burst stimulation) :

 

  • lors d'une stimulation à 10 Hz, les impulsions magnétiques sont délivrées à une fréquence fixe de 10 impulsions par seconde, soit 10 Hz, c’est donc une stimulation continue et à relativement haute fréquence ;
  • l'iTBS est une forme de stimulation plus rapide avec des rafales de trois impulsions à 50 Hz, répétées avec de courtes pauses entre les rafales. Le concept est que ce schéma imite le rythme naturel de certaines activités cérébrales.

L’analyse révèle que :

 

  • les patients présentant une constriction pupillaire plus lente présentent une réduction plus importante de leurs symptômes après 10 séances d’iTBS plutôt que de TMS à 10 Hz.
  • Pris ensemble, ces données suggèrent l’intérêt d’un simple test de pupillométrie pour identifier qui est le plus susceptible de répondre à une stimulation électromagnétique et quelle type de TMS préférer.

 

« À l'heure actuelle, environ 65 % des patients traités par TMS présentent une amélioration substantielle de leur dépression », explique l’un des auteurs principaux, le Dr Andrew F. Leuchter, professeur émérite de psychiatrie à l'UCLA : « Notre objectif est que plus de 85 % des patients se rétablissent complètement de la dépression. Plus nous comprendrons l’activité cérébrale complexe qui sous-tend la dépression, plus nous pourrons proposer une médecine de précision permettant un rétablissement complet. Le test de pupillométrie peut nous permettre de nous rapprocher de cet objectif ».

 

D'autres essais sont déjà planifiés à l’UCLA pour confirmer la valeur de la pupillométrie dans l'optimisation de la stimulation magnétique transcrânienne.

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