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DIABÈTE GESTATIONNEL : Attention aux températures élevées durant la grossesse

Actualité publiée il y a 2 années 5 mois 3 semaines
CMAJ

Les femmes exposées à des températures plus froides pendant leur grossesse ont des taux de diabète gestationnel plus faibles que les femmes exposées à des températures plus élevées, suggère cette très large étude d’une équipe canadienne du St. Michael's Hospital. Alors qu’une grossesse sur 5 est concernée par le diabète gestationnel, une maladie qui peut affecter le développement du bébé dès les premières semaines de grossesse, ces données révélées dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), montrent que pour chaque élévation de température de l’air extérieur, le risque de diabète gestationnel augmente, donc de manière dose-dépendante. Avec des conséquences de prévalence bien sûr, avec le réchauffement climatique.

Le diabète gestationnel, l'une des complications les plus fréquentes de la grossesse, affecte environ une future mère sur 5, avec des risques de complications, comme une trop grande taille ou un poids trop élevé du bébé pour l'âge gestationnel, des difficultés lors de l'accouchement et un risque accru de fausse couche et de mortinatalité. Il est fréquemment associé à un surpoids ou une obésité. Son dépistage est effectué entre la 24 et la 28è semaine de grossesse. De nombreuses études ont démontré qu'une réduction même modeste de l'indice de masse corporelle (IMC) peut contribuer à réduire son incidence et ses complications.

L'étude a examiné les données de 555.911 naissances intervenues chez 396.828 femmes sur une période de 12 ans. Toutes les femmes étudiées vivaient dans la même région mais les grossesses se sont déroulées à des saisons différentes et selon des températures moyennes plus chaudes ou plus fraiches, qui ont été prises en compte. Les chercheurs ont examiné la relation entre la température moyenne de l'air 30 jours avant le dépistage du diabète gestationnel au deuxième trimestre de grossesse et l'incidence du diabète. L'analyse montre que,

 

-la prévalence du diabète gestationnel est de 4,6% chez les femmes exposées à des températures moyennes extrêmement froides (égales ou inférieures à -10 ° C) dans la période de 30 jours précédant le dépistage et de 7,7% chez les mères exposées à des températures moyennes plus élevées (>24 C) ;

 

-pour chaque élévation de température de 10 degrés C°, les mères sont 6 à 9% plus susceptibles de développer le diabète gestationnel ;

 

-chez une même femme, un effet similaire est observé pour chaque augmentation de 10 ° C de température entre 2 grossesses consécutives : ce résultat permet aux auteurs d'éliminer d'autres facteurs -de confusion possibles- dont l'origine ethnique, le revenu, l'activité et les habitudes alimentaires qui diffèrent entre 2 femmes différentes.

 

-un taux de diabète gestationnel plus faible est constaté également chez les femmes nées sous des climats plus frais que chez celles nées sous des climats plus chauds. Des femmes nées en Asie du Sud, en Afrique et au Moyen-Orient ont ainsi des taux de diabète gestationnel compris entre 7,7 et 11,8%.

 

 

Quelle explication ? Si ces données peuvent sembler contre-intuitives, elles peuvent s'expliquer par les processus dont les humains font différents types de graisse. On pourrait en effet penser qu'avec des températures plus chaudes, les femmes sont plus fréquemment à l'extérieur et plus actives, ce qui contribue à limiter le gain de poids qui prédispose au diabète gestationnel. Cependant, de nombreuses études montrent a contrario que l'exposition au froid peut améliorer la sensibilité à l'insuline, par la combustion du tissu adipeux brun.

 

Des résultats qui, combinés à l'augmentation continue des températures mondiales, pourraient annoncer une hausse de prévalence du diabète gestationnel dans le monde?

 

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