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EHPAD en France : pénurie d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes

Actualité publiée il y a 2 années 1 mois 1 semaine
Politique de Santé
Le nombre de personnes âgées dépendantes devrait augmenter de 50% d'ici 2040

La prévalence de la perte d’autonomie est en croissance avec le vieillissement des populations. En situation de dépendance, certaines personnes âgées n’ont d’autres choix que d’intégrer une maison de retraite médicalisée, appelée EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) depuis 2002. Face à l’augmentation de la population âgée, certains départements français croulent sous la demande. La politique de Santé actuelle a-t-elle bien pris la mesure des besoins de prise en charge de nos aînés ?

Panorama des EHPAD en France : Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui proposent une offre d’hébergement temporaire ou permanent. Certains établissements proposent également un accueil de jour. Aujourd’hui, les EHPAD représentent plus de 70% des établissements dédiés à l’hébergement des personnes âgées. On en dénombre près de 8 000 en France. 53% d’entre eux appartiennent au secteur hospitalier public.  

L’entrée en EHPAD se fait en moyenne à l’âge de 84 ans et 5 mois. La grande majorité des résidents ont un GIR compris entre 1 et 4, ce qui signifie qu’elles ont besoin d’une aide dans l’accomplissement des activités de la vie quotidienne (toilette, habillage, repas, etc.). Ces résidents peuvent ainsi bénéficier de l’Allocation personnalisée d'autonomie (APA) qui prend en charge une partie du tarif « dépendance » de l’établissement. En effet, le tarif d’un EHPAD comporte :

-un tarif hébergement,

-un tarif dépendance,

-un tarif soins.

Selon une étude de la CNSA de Juin 2017, une place en EHPAD est facturée en moyenne à 1.949 € par mois au résident alors que la retraite moyenne n’est que de 1.322€ par mois. Des aides existent (APA, APL, ALS, Aide sociale) mais les enfants sont souvent mis à contribution. Il s’agit même d’une obligation légale, l’obligation alimentaire.

 

 

 

La perspective est inquiétante 

Les seniors représentent une part de la population en constante augmentation. Ils sont 15,7 millions en 2016 et devraient atteindre les 22.6 millions en 2040, passant alors de 21% à 32% de la population. On projette également une augmentation de 50% du nombre de personnes âgées dépendantes d’ici 2040, un phénomène qui se répercutera mécaniquement sur la demande d’hébergement en EHPAD.

Les personnes âgées dépendantes se retrouvent déjà aujourd’hui face à une offre de lits limitée. En effet, le délai d’attente atteindrait les 8 mois pour les EHPAD publics selon l’UFC-que-choisir. Le vieillissement démographique ne peut qu’augmenter ces délais si l’offre d’hébergement ne croît pas rapidement. Un défi qui s’avère compliqué au vu des chiffres actuels : pour conserver l’offre moyenne actuelle de 10 lits pour 100 personnes de plus de 75 ans, il faudrait doubler le nombre de lits d’ici à 2040. Chaque jour, les écarts se creusent : en 2012, 5.000 places ont été créées pour un besoin réel de 10.000 places.

Selon les chiffres collectés par le site logement-seniors.com sur les années 2015 et 2016, certains départements sont sous forte tension, avec une demande très au-delà de l’offre.

De plus, la demande n’est pas forcément localisée dans les zones les mieux pourvues en lits. Les départements des Alpes-Maritimes, de la Meurthe-et-Moselle, la Manche, la Mayenne et le Loir-et-Cher concentrent ainsi 18% des demandes du site alors qu’ils ne représentent que 5% de l’offre.

La loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires), portée en 2010 par Roselyne Bachelot a bien tenté de remédier à la situation et de moderniser les structures, cependant, les nouvelles procédures de création d’EHPAD restent complexes et le nombre d’ouvertures insuffisant.

 

Quelles alternatives ? Si 8 personnes âgées sur 10 souhaitent rester chez elles, les services à la personne font sans aucun doute partie des solutions de prise en charge de nos aînés. Alors que les besoins sont considérables, paradoxalement le secteur peine à recruter. Les seniors autonomes ou semi-autonome (GIR 3 à 6) se tournent alors de plus en plus vers les résidences services seniors qui allient habilement logement adapté, services et vie sociale. Preuve de cet engouement, on dénombre 450 résidences services fin 2016 et leur nombre devrait atteindre 800 d’ici fin 2020.

La question est donc posée : quelles seront les orientations du nouvel exécutif sur la prise en charge de la dépendance ?

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