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ÉPUISEMENT : Il entraîne des palpitations jusqu’à la fibrillation

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 4 jours
European Journal of Preventive Cardiology
Le syndrome d'épuisement influe sur le risque global de maladie cardiovasculaire, dont de fibrillation auriculaire

L’épuisement professionnel est lié pour la première fois à un rythme cardiaque irrégulier, avec cette large et longue étude d'une équipe de l’University of Southern California in Los Angeles. Ces conclusions, présentées dans l’European Journal of Preventive Cardiology, issues de l’analyse des données de 11.000 participants, confirme l’impact de l'épuisement sur le risque global de maladie cardiovasculaire et l’importance d’une bonne gestion du stress personnel afin de préserver sa santé cardiovasculaire globale.

 

« Le syndrome d'épuisement professionnel, est généralement causé par un stress prolongé et profond au travail ou à la maison », rappelle l’auteur principal, le Dr Parveen K. Garg, de l'Université de Californie du Sud. « L’épuisement diffère de la dépression et se caractérise par une mauvaise humeur, un sentiment de culpabilité et une mauvaise estime de soi".

Près de 30% des personnes actives des pays riches éprouveront au cours de la vie cette fatigue extrême, cette perte d'énergie, cette baisse de moral et ces troubles de l’humeur. Autant de symptômes caractéristiques du burn out ou syndrome d'épuisement. Un syndrome déjà associé au risque accru de certains événements cardiovasculaires graves, comme l’infarctus et l’AVC et avec cette étude, à une nouvelle perturbation pouvant être mortelle du rythme cardiaque.

L’épuisement accroît de 20% le risque de FA

Ce nouvel effet sévère de l’épuisement, la fibrillation auriculaire est la forme d'arythmie cardiaque la plus courante. On estime l’incidence annuelle de la condition à 17 millions de personnes en Europe et 10 millions aux États-Unis. Enfin, la fibrillation auriculaire (FA) entraîne avec elle des comorbidités sévères, dont la crise cardiaque, l’AVC et globalement, un risque accru de décès. Pourtant, ses causes restent encore mal comprises.

La détresse psychologique a été documentée comme facteur de risque possible de fibrillation auriculaire, avec, cependant, des preuves mitigées. Ainsi, jusqu'à présent, cette association spécifique entre épuisement et fibrillation auriculaire n'avait pas été étudiée.

L’équipe a interrogé plus de 11.000 participants sur leurs antécédents ou expérience actuelle du syndrome d’épuisement mais aussi sur leur santé mentale, leur humeur, l'utilisation d'antidépresseurs et le soutien social. Les chercheurs ont suivi ces participants durant près de 25 ans pour le développement, notamment, de la FA. L’analyse montre que :

  • les participants présentant les niveaux les plus élevés d'épuisement ont un risque accru de 20% de FA au cours du suivi par rapport à ceux qui ne présentent pas ou peu de signes d'épuisement ;
  • aucun lien n’est identifié entre la colère, l'utilisation d'antidépresseurs ou un mauvais soutien social et le développement de la FA.

 

 

L’épuisement est associé à une réponse accrue au stress physiologique du corps et une inflammation systémique. « Lorsque ces 2 réponses sont déclenchées de manière chronique, elles peuvent avoir des effets sévères sur le tissu cardiaque, ce qui pourrait expliquer le développement de l’arythmie ».

 

Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour développer des interventions pour prendre spécifiquement en charge le risque de maladie cardiovasculaire, dont les crises cardiaques, les AVC et la FA, au-delà des techniques habituelles de gestion du stress.

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